8
le 24 nov. 2023
Suivredevoir de mémoire
bon film, un peu long, mais vu la gravité du sujet cela se pardonne. Bien réalisé, bien joué. Dénonce un massacre peu connu de notre coté occidental. effectivement abattre le responsable de cette...
En 2002, Ajay Devgan avait interprété Bhagat Singh, héros de la révolution, dans un film hagiographique et exalté. 20 ans plus tard, en 2021, Sardar Udham est un nouveau biopic qui s’intéresse cette fois-ci à l’un de ses compagnons d’armes. Sortant de prison en 1933, Udham Singh fuit l’Inde et gagne le vieux continent par la Russie. Arrivé à Londres, il cherche alors à mobiliser une aide matérielle et financière pour son parti, l’Hindustan Socialist Republican Association, qui a été balayé par la répression du Raj britannique. Il va rencontrer des membres de la diaspora indienne, des militants de l’IRA ou du Parti Communiste. Il ira en Espagne et à Moscou pour essayer de lever des fonds et trouver des armes. Mais ses velléités restent lettre morte, car le monde entier est accaparé par la guerre mondiale qui vient.
Udham Singh va alors préparer l’assassinat de Michael O’Dwyer, l’ancien lieutenant-gouverneur du Pendjab, qui avait soutenu la répression de 1919 et notamment approuvé l’action du général Dyer à Jallianwala Bagh, provoquant le massacre abominable de centaines de personnes, hommes, femmes et enfants, réunis pacifiquement. En 1940, Udham met son plan à exécution et abat O’Dwyer durant une conférence, un geste qui va le rendre célèbre et mettre la lutte pour l’indépendance de l’Inde dans tous les journaux du monde. Le film, qui jusque là était une épopée révolutionnaire, multipliant les lieux et les personnages, se mute en film de prison. Les tortures et les interrogatoires se succèdent, puis un procès, expéditif et une condamnation à mort.
C’est alors que s’ouvre la dernière partie du film, un flash-back éprouvant qui va s'appliquer à justifier le radicalisme du personnage, ainsi que son caractère mutique et mystérieux. Alors que dans ses deux premiers tiers, Sardar Udham s’attelait à raconter son histoire en multipliant les plans grandioses, superbement photographiés – qu’il s’agisse de la campagne russe ou des ruelles de Londres – et mettait en scène son héros avec une certaine distance pudique, le dernier tiers du film plonge dans le cauchemar total et traite son personnage avec la foi et le jusqu’au boutisme qu'on trouve chez des réalisateurs comme Mel Gibson. On pense effectivement un peu à Hacksaw Ridge, dans la façon doloriste de suivre le calvaire du personnage, mais sans les excès et les fautes de gout, juste l’horreur. Et ça semble durer le temps d’un film. Je ne sais pas si c’est subtil ou si la démarche est historiquement justifiée, mais le message est clair – et Sardar Udham expose l’ampleur du traumatisme qu’a représenté le massacre de Jalliawala avec une force spectaculaire et une abnégation remarquable, renforcées par le sérieux et la virtuosité picturale qui ont précédé. Toutes les scènes du film, toutes ses images, ses moments suspendus, ses souvenirs heureux ou ses moments de grâce se retrouvent, in fine, contaminés par la douleur de ce long épilogue.
À poser sur l’étagère des « feel definitely not good », bien calé entre Threads et Requiem pour un massacre.
Créée
hier
Critique lue 1 fois
8
le 24 nov. 2023
Suivrebon film, un peu long, mais vu la gravité du sujet cela se pardonne. Bien réalisé, bien joué. Dénonce un massacre peu connu de notre coté occidental. effectivement abattre le responsable de cette...
6
le 17 mai 2024
SuivreOui, bon, je vais pas dire le contraire, c'est visuellement impressionnant et certains passages sont virtuoses. Voila. Mais bon, je reste quand même un peu déçu de ma lecture de la Route de Larcenet...
6
le 29 juin 2019
SuivreJ'ai trouvé ça vraiment chouette à suivre, déjà parce que les dialogues sont souvent bien écrits et portés par des prestations réussies. Mel Gibson joue tout en retenue, glissant parfois quelques...
2
le 3 nov. 2024
SuivreY’a un paquet de trucs qui ne vont pas dans The Substance, le premier c’est la durée. 2h20 c’est trop, surtout quand ton propos pigne pas plus loin que « je vais illustrer littéralement l’idée que...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème