Cronenberg continue de perturber mes sensations, de m'amener dans des contrée malaisantes mais fascinantes.
Après son terrifiant "Chromosome 3", "Scanners" est un film qui m'angoisse au plus haut point, la faute a un sujet simple, traité avec une maîtrise telle que tout semble plausible du moment que l'on en accepte le concept de départ, là est toute la force de ce cinéaste, amenant facilement le spectateur, par des éléments simples, à adhérer aux délires les plus flippants.
Darryl Revok est un "méchant" impressionnant, Michael Ironside, habité comme rarement, le rend redoutable, Cronenberg le filme presque avec majesté, l'iconisant par moment, lui ajoutant un charisme surnaturel qui sied bien au sujet.
La musique de Howard Shore appuie bien là où ça fait mal, occupant l'espace sonore sans en faire trop, et sans être omniprésente, mais empesant dramatiquement l'atmosphère de manière fort brillante.
Si certaines passages ont pris un peu d'âge, la plupart des séquences de "scanning" sont souvent redoutablement spectaculaires, Cronenberg poussant le curseur loin afin de donner de la puissance à ces poussées mentales destructrices.
L'affrontement final est à ce titre un moment assez époustouflant.
Le travail sur les maquillages est incroyablement efficaces, donnant encore plus de force à l'effroi que procure la vision de certaines scènes.
S'il est sans doute moins cérébral (un comble) que ses autres films, il n'empêche que "Scanners" creuse le sillon d'un cinéaste passionnant, intelligent, éblouissant, terrifiant; et qui n'a pas son pareil pour perturber ses spectateurs.