« A qui je fais confiance ? A moi ! »

Scarface de Brian de Palma est le remake du film de Howard Hawks réalisé en 1932, il lui est d’ailleurs dédicacé. Il en reprend les grandes lignes scénaristiques : chute / ascension de Tony, psychologie du personnage, la femme du boss qu’il prend pour lui, le rapport incestueux avec sa sœur. Il reprend également certaines répliques. Et enfin la fin tragique de Tony a lieu sous l’enseigne « The world is yours », moment emblématique de la version de 1932.
Cependant, Brian de Palma a fait le choix de transposer l’histoire à un autre lieu, non plus Chicago, mais Miami et dans une autre époque, non plus celle de la prohibition mais les années 80 qui avaient vu déferler en Amérique les criminels libérés des prisons cubaines.


Je dois dire que je préfère cette version de Brian de Palma à celle de Hawks. Al Pacino, qui incarne Tony, crève littéralement l’écran. Il campe un personnage arrogant, insolent, rustre, impulsif, qui s’impose très rapidement. Cet homme ambitieux, avide de pouvoir, d’argent et d’ascension sociale tombe vite dans un comportement paranoïde. Il s’isole de plus en plus et se met à dos ses plus proches. Il ne compte que sur lui-même, lançant cette phrase depuis sa baignoire : « A qui je fais confiance ? A moi ! ». Cette scène est particulièrement impressionnante. La caméra reculant nous le montre totalement seul dans sa baignoire de luxe alors que sa femme et son meilleur ami viennent de quitter le lieu en claquant la porte. Prélude de la chute qui va suivre…


Son boss lui avait donné un conseil précieux : ne pas être trop avide. Il n’en tiendra pas compte et précipitera lui-même sa chute, détruisant tous ses proches au passage.


La scène finale de la fusillade est tout simplement spectaculaire. Tony finit comme il a vécu, dans la démesure absolue. Certainement l’une des plus impressionnantes fusillades du cinéma. Steven Spielberg en visite sur le plateau de tournage a d’ailleurs contribué à la réalisation de cette scène…


Scarface, un très bon gangster psychologique avec d’excellentes scènes d’action et un rythme nerveux. Un incontournable des films de gangster.

Créée

le 3 déc. 2021

Critique lue 711 fois

abscondita

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