Bordel quel plaisir de revoir ce film !
Vu petit et apprécié, mais pas à la hauteur de sa qualité, c'est avec joie que je profitais de sa remasterisation et de sa diffusion dans les cinémas UGC pour redécouvrir ce chef d'oeuvre du genre.


Autant le dire tout de suite.
Scarface n'a pas pris une ride. Et c'est à cela qu'on reconnaît les films dont on se souviendra toute sa vie.
Autant de l'intrigue qui est encore d'actualité (on se souvient de l'impact ridicule qu'a eu le film à sa sortie, pris encore aujourd'hui pour le film exemple de la plupart des truands qui courent nos rues), que le style cinématographique.
Avec une ironie certaine, un tragi-comique transcendant, mais une véritable volonté de produire un film divertissant, Brian De Palma, qui avec L'Impasse signe surement ici l'un des plus grands films de gangsters, nous assène avec vitalité et modernité, et ce durant 2h49 qui passent à une vitesse hallucinante, l'ascension et la chute brutale d'un immigré cubain fuyant le communiste qui, grâce à sa folle obstination et détermination qui frise le stupide, conquiert le monde de la drogue.
Ce cubain c'est évidemment le dorénavant cultissime Tony Montana, incarné (et on ne saurait l'imaginer interprété par quelqu'un d'autre) par le toujours formidable Al Pacino.
Bouche béate, tête rentrée dans les épaules, mâchoire en avant, avachi sur sa chaise, il EST Tony Montana, et ce de sa première apparition à l'ultime seconde du film. Sans fausse note aucune, son jeu est d'une limpidité intégrale, donnant au personnage une dimension et une profondeur rarement vue au cinéma. Oscillant entre génie criminel et du business et idiotie péquenaude, Montana est un personnage trouble pour lequel on autant de pitié et d'admiration que de haine. Modèle ultime du gangster ridiculement déterminé, prêt à tout pour obtenir sa place au soleil, et qui une fois obtenue, n'en fait que du gâchis et fout à terre tout espoir de stabilité.
Dans un feu d'artifice d'insultes, de violence, de sentiments et de drogues (on pense à cette scène géniale où en quelques secondes, la géniale Michelle Pfeiffer se fait deux rails de coke qu'elle arrose d'un verre de whisky et d'une bouffée de cigarette), Scarface est un must de cinéma, l'un de ses films qu'on ne pourrait critiquer tant il additionne à la perfection grandes qualités cinématographiques, jeu surpuissant des acteurs, B.O. extra (Moroder, toujours au poste) et phrases cultissimes, couronné à sa fin d'une morale ironique et porteuse d'un sens bien plus habile et fin qu'il se laisse supposer...

Créée

le 11 oct. 2015

Critique lue 636 fois

Charles Dubois

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3

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