Renouveau du slasher dont l'évolution préfixée néo sera rapidement conspuée par tous les gardiens du temple de la première vague (pas totalement à tort mais bon, y'avait déjà des merdes dans les 80's), Scream n'en demeure pas moins un film très efficace aux appuis encore solides en 2024. Quelle séquence d'intro mémorable, rudement bien écrite et montée, qui te prend d'emblée par le colbac pour te mettre dans l'ambiance téléphone sans fil, auto-citations horrifiques et boogeyman goofy mais violent. Si les autres scènes de meurtre ne font pas autant dans la tripaille à l'air libre, la montée en puissance de la folie sanguinaire de la conclusion est toujours aussi impactante.
Entre deux plaisirs splatter, le scénario s'amuse à titiller le spectateur en brouillant les pistes du coupable et dynamite la petite ville BCBG tout de blanc habitée où la pudibonderie moralisatrice règne en maître. Regardez la gueule des dessus-de-lit à fleurs des filles ! C'est dans cette veine tradi-cucul qu'apparait le personnage de Neve Campbell (petit crush à l'époque pour son charme mutin), présentée comme une nunuche se coltinant un copain transpirant la toxicité, mais qui s'avérera progressivement le personnage fort, seule capable de confronter le tueur en s'extrayant des clichés comportementaux des victimes.
L'approche frontalement méta de Scream avait en son temps marqué par son originalité. La démarche apparait toujours sincère aujourd'hui mais elle peut donner un sentiment d'excès (même si l'apparition éclair du janitor Fred et son pull rouge et vert m'a fait marrer), surtout que ce procédé a depuis été exploité jusqu'à la nausée. Cela délivre également un message ambigu sur les liens entre cinéma d'horreur et violence réelle, même si on peut y voir une mise en abyme des plus abréactives. Tout ça pour dire que c'était bien, malgré un générique de fin aussi moche que datée, et une VF très imparfaite à la revoyure.