Il ne fallait pas être devin pour piger que les qualités de Scream, et surtout son succès, allaient conduire direct à une franchise. Pour ce second opus, on plonge déjà pas mal côté qualité. Pourtant, parmi les trop nombreuses suites de la série, cet épisode-ci reste sympathique.
D'abord parce qu'on est content de retrouver les protagonistes d'origine, vu qu'au bout de deux films, les scénarii successifs n'ont pas encore eu le temps de déjà dézinguer tout le casting de départ. Et comme les personnages sont plutôt sympathiques, on est encore content d'être là. Ensuite, la dimension extradiégétique - ou méta, comme on dit pour faire cool... - est bien présente et fonctionne à peu près. Notamment dans la première heure, de loin la meilleure. Ce qui permet quelques répliques bien senties et ô combien ironiques sur la médiocrité des suites comparées à l'original. Même si Scream 2 lorgnait clairement sur le box-office, Kevin Williamson avait encore quelques salves à délivrer sur l'industrie ciné. Et ça fait encore mouche dans le début du film. S'ajoute à ça que les recettes de mises en scène de Wes Craven fonctionnent une fois de plus. Et même si elles surprennent moins vu qu'on commence à s'habituer, le réalisateur a quand même bien davantage de talent et d'humour que ses imitateurs.
Mais la seconde moitié du film commence déjà à montrer les limites du dispositif. On sent la recette vouée à perdurer tant et plus. Et trente ans après le premier, on y est encore. Quant à la fin, elle est tout bonnement ratée, ce qui deviendra d'ailleurs une habitude dans tous les films suivants. Reste que ce second épisode a encore suffisamment de piment pour susciter l'attention.