« La règle numéro un des remakes. Faut pas déconner avec l’original »

Pour survivre dans un film d’horreur aujourd’hui, il faut être gay

Dix ans après les massacres, Sydney Prescott revient à Woodsboro pour célébrer son livre ; mais l’ombre de Ghostface se relève, tranchante et funeste.


Une résurrection étincelante

Avec Scream 4, la saga retrouve une verdeur incisive, presque juvénile, qui m’a personnellement conquis : oui, c’est là mon favori de la franchise. Après les hésitations d’un troisième épisode moins inspiré, le retour de Wes Craven s’apparente à un éclatant chant du cygne, d’une maîtrise narquoise et superbement venimeuse. Le cinéaste, loin de s’incliner devant les modes des années 2010, s’empare des codes du recommencement cinématographique pour les pulvériser avec une malice souveraine.


Les poupées gigognes de l’effroi

L’ouverture dite des « Poupées russes » — film dans le film, puis dans le film encore — relève d’une facétie d’une intelligence rare. Ce dispositif en abyme, d’une sophistication byzantine, joue avec la sagacité du spectateur, le flatte et le défie tout ensemble. La série Scream a toujours cultivé cette connivence avec un public averti ; ici, elle la pousse à un degré d’acuité jubilatoire, se riant des recettes attendues pour mieux les subvertir.


Satire acérée des vanités numériques

Ce quatrième opus, avec une prescience avant-gardiste, s’attaque aux réseaux sociaux naissants et à l’obsession dévorante de la notoriété instantanée. L’idée de tuer pour devenir une « célébrité d’internet » pouvait sembler saugrenue lors de la sortie du film ; elle apparaît aujourd’hui d’une pertinence troublante à l’ère de TikTok et du culte de l’influence. Cette peinture au vitriol des vanités contemporaines, mordante et cruellement perspicace, insuffle à l’intrigue une résonance inattendue. Ghostface n’est plus seulement un masque : il devient le miroir déformant d’une époque affamée de visibilité.


Un renversement d’anthologie

Et puis survient le coup de théâtre — peut-être le plus vertigineux de toute la série. L’un des meurtriers se révèle être précisément celle que nul ne soupçonnait ; audace dramaturgique d’une témérité délicieuse, qui reconfigure rétroactivement chaque regard, chaque silence, chaque sourire.

Bref, entre ironie ravageuse, mécanique narrative fort habile et cruauté scintillante, il s’impose comme une œuvre brillante, retorse et magnifiquement insolente — l’ultime éclat d’un maître qui, jusqu’au bout, aura su manier la lame avec panache.


Trilaw
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le 28 févr. 2026

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