Nouvelle décennie, mêmes régles
Commençons par définir rapidement le contexte de mon visionnage de Scream 4. J'ai revu Scream premier du nom quelques jours avant, ainsi que le début du numéro 2 (saleté de streaming qui fait des pauses au milieu des films). Je n'ai donc pas vu le 3, mais d'après les échos, c'est plus ou moins inutile. Je ne suis pas un grand fan de slasher ni de film d'horreur, donc ne vous attendez pas à un avis de spécialiste.
Scre4m commence assez bien, puisqu'il nous replonge directement dans ce qui a fait le succès de la série et son originalité, à savoir la mise en abyme. Alors la mise en abyme, quoi qu'est-ce ? C'est un terme hyper-ronflant pour dire "un film dans un film", ou plus globalement, d'après Wikipédia, "un procédé consistant à représenter une œuvre dans une œuvre du même type". Finalement, un mec qui, dans un roman, parle d'un mec qui écrit un roman, c'est une mise en abyme, c'est aussi con que ça. Bref, parenthèse fermée. Wes Craven nous balance à mort du film dans le film, parce que ça fait classe. C'est assez efficace et marrant. À ce moment, on se dit que ça repart sur les mêmes bases que Scream 1, en y apportant plus de profondeur, et ça c'est plutôt cool.
Pendant une bonne partie du film, on adore. Ça tue à tout va, c'est gore, c'est fun, c'est repartit comme en 40. Scream 4 reprend ce qui a fait son succès, à savoir des personnages caricaturaux, qu'on trucide comme si de rien était. Il n'est pas de ces films où la mort d'un personnage est une tragédie. Ici, on attend que ça !
Mais le problème, c'est qu'on attend un peu plus, et Scream se perd un peu dans son propre principe. Si le 1er avait pour principe de suivre les règles du film d'horreur, le 2ème les règles d'une suite, celui-ci suit les règles d'un remake. Du coup, Wes Craven a fait exactement le même film.
Sympathique surprise en découvrant Danièle Gilbert au casting
Ce 4ème cri n'apporte rien d'original. On nous promet des "nouvelles règles", mais il n'en est absolument rien. Si le 1er tirait son épingle du jeu en s'amusant avec les règles du film d'horreur, ici on s'en fiche à peu près complètement.
Là où Scream 4 fait fort, c'est qu'il se met déjà à l'abri de toute critique en se parodiant lui-même. Tout ce qu'on pourra dire en mal de ce film, pourra être repoussé en disant "oui mais c'est fait exprès, c'est volontairement mal fait, on se moque de notre propre franchise". À partir de là tout est permis. Sauf qu'au bout d'un moment, c'est du spectateur dont on se moque. Le principe de Scream a trouvé sa limite, il ne pourra pas éternellement s'auto-pasticher.
va-t-elle enfin crever ?
On s'attendait à beaucoup mieux, donc on est forcément déçu. Dans le fond, Scream 4 reste un bon film, on ne s'ennuie jamais et on rigole pas mal. Mais ça aurait pu être tellement génial ! On aurait tellement voulu que ça aille beaucoup fois plus loin, que ça repousse toutes les limites, ou au moins que ça soit un peu plus osé que ce qui avait été déjà fait.
Quand on a compris que ça ne dépasserait pas ce stade, on attend la fin, cette fameuse scène où le meurtrier se découvre et s'explique, exactement comme dans le 1er. C'est malheureusement la seule chose qui pouvait nous faire décoller, un twist génial, mais ça ne sera pas le cas.
Du coup on se console comme on peut, en se moquant de la coiffure d'Hayden "Danièle Gilbert" Panettiere, en priant pour que Sidney crève enfin, redonnant à son personnage un peu d'intérêt, ou en se demandant à qui ressemble ce geek aux cheveux longs ?
Scream 4 est un bon divertissement, mais on s'attendait vraiment à plus. Mais on sait qu'on peut déjà s'attendre à une suite (le contraire serait étonnant) qui sera vraisemblablement du même acabit. Ça ne révolutionne rien, ça n'invente rien, ça fait juste plus de sous dans la poche de plein de monde. Un bon film américain qui remplit ses fonctions.