Scream 4... "La peur retrouve son vrai visage", clamait l'affiche. Les trois premiers ne m'avaient pas laissé un souvenir impérissable lors de ma prime jeunesse, mais ils avaient su habilement jouer sur les suspicions du spectateur quand à l'identité du tueur pour au final, le surprendre... De ce film, la seule surprise que je retiendrai sera les deux mises en abîme du tout début, seul élément que je n'aurais pas vu venir... Par la suite, pour peu que vous connaissiez les codes horrifiques établis tant critiqués dans cette oeuvre, vous verrez absolument tout venir à plus de dix kilomètres. Un personnage vous est présenté comme menaçant, instable, étrange, et on insiste sur ce point trois quart d'heure? Vous savez donc qu'il ne peut qu'être l'arbre qui cache la forêt... Le groupe de jeunes filles qui constitue le noyau du film n'a pas plus de matière grise qu'une huitre avariée? La seule chose sur laquelle vos prévisions seront fausses sera sans doute l'ordre dans lequel elles passeront de vie à trépas. Des geeks boutonneux donnent leur avis quand au modus operandi que devrait adopter le tueur pour renouveler son art? Vous pouvez être sûr que dans le quart d'heure qui suit, il s'y colle. Alors oui, on pourra arguer du fait que c'est du second degré, que le film se moque de lui-même, tout ça... Mais je suis désolé, il faut plus que la reprise telle quelle d'un meurtre de type "Saw" pour que ça marche. Après tout, une victime avec les intestins à l'air, aujourd'hui, on en voit dans quasiment tous les films un tantinet violents... de même que le ridicule de certaines morts est tellement flagrant qu'en plus de ne pas y croire, on attend qu'une chose, c'est que le pauvre bougre rende enfin l'âme. Enfin quoi, depuis quand un type lobotomisé avec une lame de boucher de vingt centimètres peut sortir de sa voiture, marcher sur dix mètres et trouver le temps, et les facultés qu'il n'a logiquement plus depuis qu'un couteau est entré labourer son cerveau, de lancer un pitoyable "j'emmerde Bruce Willis"? Non mais WTF, quoi... N'est pas Evil dead 2 qui veut. Quand on veut que son film constitue un pastiche de son propre genre, il faut que ça dure tout le long du scénario, on ne se contente pas de balancer deux ou trois scènes "tellement abusées que c'est pour se moquer de la nouvelle vague" au beau milieu d'un ensemble qui se veut sérieux...
Donc, non, ce film a été une profonde déception pour moi. De la diatribe ratée à l'extrême prévisibilité de tous les coups de théâtre à venir, on baille plus devant cette chose qu'on ne crie. Si on le pouvait seulement...