Scream 7
4.5
Scream 7

Film de Kevin Williamson (2026)

Mouaif.


Ça se regarde gentiment, mais la boucle…


Le retour de Neve Campbell en tête d’affiche (secondée de Courteney Cox donc) comme celui de Kevin Williamson au scénar (et curieusement à la mise en scène en prime) laissaient pourtant espérer une suite plus intéressante que les deux épisodes 5 & 6. Deux opus portés par un nouveau quatuor assez pénible (sa leadeuse en tête – je sauve simplement Jenna Ortega, qui aurait tellement dû avoir le lead plutôt que sa très antipathique frangine) et qui accessoirement n’avaient plus rien à dire (sur le genre horrifique ni sur les franchises).


Alors dieu merci, ladite frangine a eu la bonne idée d’étaler son antisémitisme complotiste (à moins que ce ne soit l’inverse) sur la place publique, donc nous en voici débarrassés au profit de la seule et unique Sidney Prescott/Neve Campbell sur le retour (qui est le cœur et l’âme de cette franchise, là où Ghostface n’en est que la mascotte et un épouvantail interchangeable – factuellement : il se fait buter puis remplacer chaque film), retour qui fait chaud au cœur. J’aurais personnellement poussé le concept à fond et fait le choix du retcon décontracté en ramenant aussi David Arquette, afin de réunir le trio originel (dans un film que j’aurais appelé Scream 5, puisqu’après tout le créneau est toujours libre – malynx le lynx –, et que j’aurais vendu comme la « vraie suite des originaux » – tmtc), mais bon, j’en demande certainement trop. La (scream) queen est de retour et il y avait quelque chose à en faire.


Hélas, le souci de fond de ses deux prédécesseurs persiste ici : la franchise (ou en tout cas son équipe – trio ici – de scénaristes) n’a plus rien à dire. A-t-on fait le tour des commentaires inédits sur le genre horrifique, les déclinaisons de l’original et patin-couffin à l’issue du 4ème film ? Il faut le croire, tant ces épisodes bégaient en la matière. Alors celui-ci introduit timidement la variable deepfake (qui ne dupe personne, les sabots sont trop gros), permettant au passage à un certain acteur de cabotiner comme un porc (ce qui est de bon ton compte tenu du perso dont il est question), mais c’est très périphérique, ça ne bouscule pas significativement la formule : la structure est suivie scrupuleusement, c’est du Scream dans les clous de ses six grands frères, qui ne réserve aucune surpris et suit les rails habituels de la licence.


Les mauvaises langues diront que c’est en réalité le cas depuis le 2, mais ce sont des mauvaises langues, justement, et ensuite Wes Craven arrivait systématiquement à y injecter quelque chose de sa douce folie, les films avaient une âme et une malice que n’ont pas su retrouver les trois suites.


C’est décevant, on aurait pu espérer avec ce 7 que Kevin Williamson secoue un peu le cocotier et y injecte un second souffle, mais non, on ne le sent pas plus inspiré que ça, l’épiphanie devant sa machine à écrire n’a pas eu lieu. En parallèle, il fait le taf à la mise en scène, fonctionnelle mais propre… mais rien à signaler, modulo deux apparitions très réussies de Ghostface (le visage hors de l’ombre dans le prologue puis le saut hors du grenier vers le milieu) et une mise à mort assez fendarde (la tireuse à bière). A noter au passage que les coups de couteaux redeviennent un peu plus dangereux après la foire qu’était le 6 où tout le monde survivait à cinquante coups de couteaux, dont treize dans le foie et huit dans la carotide, et presque autant de litres de sang perdus. On se tape ici aussi une ou deux survies incongrues, mais dans une proportion plus traditionnelle (genre Dewey à la fin du 2).


J’ai au passage soufflé à deux trois invraisemblances vraiment grossières (le laptop pas verrouillé et ouvert sur la page incriminante, KOM PAR AZAR ; ou encore Sid qui demande à sa fille d’ouvrir la porte du bureau une fois Ghostface flingué, plutôt que de lui demander d’y rester terrée jusqu’à l’arrivée des renforts), mais peut-être que je pinaille plus aujourd’hui que je ne le faisais hier devant les précédents… à confirmer.


N’empêche que pour la première fois en sept épisodes, j’ai cramé illico l’un des tueurs (et pas n’importe lequel : le principal). Trop évident. Donc ou je suis un peu moins con aujourd’hui qu’hier (ce qui me semble un pari très audacieux) ou ça ronronne effectivement un peu trop.


(pire motivation de Ghostface au passage, ça n’a aucun sens – et je ne parle même pas du sacrifice consenti au passage)


Sinon j’ai ri à Sidney qui se maque de nouveau avec un Mark flic. Si c’était pour nous coller un clone, ils pouvaient tout aussi bien recaster le perso de Patrick Dempsey.


Pas grand-chose à ajouter sinon, c’est en somme du Scream classique, sans idée notable ni fulgurance pour lui justifier un quelconque intérêt. Alors ça se regarde gentiment, c’est raisonnablement efficace et plaisant à suivre eu égard à son personnage/interprète principale ; mais la formule/franchise est vraiment essorée.


Je pense qu’il aurait fallu tenter une approche plus forte, soit en exploitant le projet initial de seconde trilogie imaginée par Williamson (mais peut-être trop tard, comment raccrocher les wagons désormais ?) soit alors en y allant à fond dans le délire méta, et en faisant avec ce Scream 7 le même geste qu’avec le Freddy 7 du même Craven. Ce qui aurait en outre permis de ressortir du placard les anciens acteurs/persos en les exploitant un peu plus décemment qu’ici.


Il n’est pas trop tard pour le 8…


ServalReturns
5
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le 25 févr. 2026

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ServalReturns

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4

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