Une fois, deux fois, sept fois... Le couperet finit par s’émousser. Si le genre du slasher exerce toujours une fascination certaine sur le public, force est de constater que la saga Scream semble désormais piégée dans le propre dispositif qu’elle dénonçait autrefois. Passé le cap symbolique du cinquième opus, une franchise doit se réinventer ou s'éteindre ; ici, elle choisit l'acharnement thérapeutique.
Le film recycle une mécanique éprouvée jusqu’à l’épuisement. Sous couvert de modernité — en intégrant notamment une thématique sur l’intelligence artificielle comme moteur de la révélation finale — le scénario peine à masquer son manque d’inspiration. L’utilisation de la technologie n'est ici qu’un gadget, un "cache-misère" narratif qui ne parvient jamais à égaler la malice du film original de Wes Craven.
Le plus frappant reste le traitement de l’évolution émotionnelle. Les événements du précédent volet sont balayés par des justifications scénaristiques fragiles ("J’aurais dû être là"), tandis que l’héroïne semble désormais faire preuve d’une apathie déconcertante. Voir ses proches tomber les uns après les autres ne semble plus l'affecter, brisant ainsi tout enjeu dramatique et toute empathie pour le spectateur.
Malgré quelques rares fulgurances de mise en scène qui sauvent le film de l'ennui total, le constat est amer. Le succès au box-office garantit déjà un huitième épisode, confirmant une triste réalité industrielle :
Le public préfère la sécurité d'une marque connue à l'audace d'un cinéma d'horreur indépendant, pourtant bien plus inventif, mais condamné à rester dans l'ombre des blockbusters.