Avec le retour annoncé de Kevin Williamson (plume du premier Scream de Wes Craven), Scream 7 laissait espérer un sursaut : réactiver l’ironie, rendre à Ghostface sa lame méta, rappeler que la saga savait autrefois lire son époque. Mais ce nouvel épisode ressemble moins à un retour aux sources qu’à une opération de sauvetage. On convoque les morts, on secoue les souvenirs, et rien ne reprend vraiment vie. Là où Scream disséquait les névroses culturelles, celui-ci se contente de tapoter sur la nostalgie et de mentionner l’intelligence artificielle sans jamais en tirer la moindre idée.
Tout du long, la mise en scène aligne les signes (lieu, téléphone, couteau) comme un étudiant appliqué à citer ses acquis. Même Gale Weathers ne semble plus qu’une apparition contractuelle, coincée dans un champ-contrechamp sans intérêt. Quant au fan service numérique, avec ses résurrections artificielles, il reste un gadget scénaristique, vidé de toutes interrogations.
Le suspense, lui, s’évapore. Les meurtres jalonnent le récit sans crescendo, Ghostface encaisse les coups jusqu’à frôler le surnaturel, perdant au passage cette fragilité humaine qui faisait autrefois sa menace. Seules la première séquence et deux scènes surnagent vraiment (celle de l’éventration et celle de la pompe à bière) comme des moments isolés dans un ensemble qui ne sait plus comment faire grimper la pression. La révélation finale, elle, empile des motivations individuelles sans produire le moindre diagnostic culturel. Dans les meilleurs épisodes, le monologue final révélait une pathologie sociale. Ici, rien. Le masque tombe, et il n’y a dessous qu’une justification plate. La pire de la série.
Et comment s’étonner de ce vide, quand le projet lui-même est né dans la fange ? Les coulisses de Scream 7 étaient déjà une immondice morale : Melissa Barrera virée pour avoir exprimé ses convictions pro-palestiniennes, Jenna Ortega quittant le navire par solidarité, Christopher Landon lâchant l’affaire après des menaces de mort. Une production toxique, incohérente, incapable de tenir une ligne morale ou artistique. Comment un film pourrait-il respirer quand son propre studio l’étouffe avant même le clap de début ? Scream 7 est une horreur rafistolée, vidée de ses interprètes, vidée de son sens, vidée de son courage.
Pour couronner l'ensemble, la saga connaît parfaitement son héritage et c’est peut-être son drame. Elle l’expose avec une dévotion muséale, sans lui opposer la moindre friction contemporaine. Scream, qui autrefois éventrait les règles du slasher, semble désormais les conserver sous vitrine, comme si la seule audace possible était de ne rien toucher. Peut-être que le vrai geste radical serait enfin d’accepter la disparition : tuer le mythe pour de bon, ou le réinventer sans reliques, sans fantômes, sans cette odeur de formol qui imprègne chaque plan.