Scream 7
4.5
Scream 7

Film de Kevin Williamson (2026)

La scène d’ouverture d'un Scream est tout autant une promesse qu'une note d'intention ; savoir faire preuve d'inventivité quand tout peut sembler avoir déjà été fait et plus complexe qu'on ne l'imagine. Le principe est si rattaché à la saga que l'on ne peut y échapper. Ici nous retrouvons un couple, dont l'homme est fan de la série Stab, fan au point d'emmener sa compagne passer une nuit dans la maison de Stu Macher transformé en musée à la gloire des morts innombrables qui s’y sont passés.


Une séquence qui nous ment autant qu'elle s'avère peu réjouissante. Elle nous ment en nous faisant croire que l'incendie préfigurerait un renouveau narratif à suivre, la fin de l'idolâtrie et un champ des possibles élargi et elle est bien peu réjouissante tant elle semble totalement oublier les notions les plus basiques pour amener une montée en tension jouant tout autant sur le suspens que la certitude des morts à venir. La séquence nous montre que l'on a substitué au suspens, le plaisir de la mort graphique et violente.


La suite donne le sentiment que Kevin Williamson a enfilé ses chaussons et se contente de reproduire ce qu'il sait faire, et, par là, ce que l'on a déjà vu. L'arrivée du petit copain par la fenêtre du premier Scream, la scène de théâtre du second, le tout entremêlé avec des scènes de discussions posant le contexte humain. Si ces scènes n'apportent rien de neuf, conflit mère/fille entre passation et protection des traumas du passé, petit groupe d'amis se mouvant entre l'indolence de la jeunesse et le poids d'un passé qui ne leur appartient pas.


Mais, le mimétisme ne s'arrête pas là, l'ami flippant, fan d'horreur cherchant à faire un podcast qui nous renvoie au Scream 4, la petite discussion entre amies en se rendant aux répétitions d'Halloween, le meurtrier dans le grenier de Black Christmas, plus que la saga elle même, Williamson semble convoquer un imaginaire horrifique qui, s'il ne rend pas le tout très original s'avère très solide dans sa construction. L'attachement aux protagonistes fonctionne juste ce qu'il faut et le rythme, certes, par trop effréné, empêche tout ennui.


Le rythme et l'action au détriment du plaisir Agatha Christien d'un whodunit maîtrisé et de fausses pistes jetés aux chacals que nous sommes. Une première moitié qui est un film en elle même, posant sa résolution, faisant apparaitre d'anciens visages en mode scoobydoo, répétant une séquence rappelant la scène des miroirs de Scream 3, tout se précipite dans une cavalcade continue, oubliant d'asseoir sa narration tout en étant, curieusement, assez agréable à voir.


Cette première révélation en forme de déception, significative de l'emprisonnement dans laquelle se situe la saga, incapable de sortir d'une formule dont elle a conscience, enchainée entre le devoir de faire ce que l'on attend et se renouveler. Le meurtrier dans le grenier, en plus de convoquer le film de Bob Clarkreste révélateur du mal dans les soubassements de l'âme de cette famille, en apparence idyllique, mais profondément perturbée par les maux que l'on ne peut partager.


On pourrait même pousser la symbolique entre cette pièce de théâtre avortée et le dialogue qui se fait par écran interposé, lorsque Tatum voit l'interview de sa mère, lorsque Sidney guide sa fille menacée par le tueur, je ne saurai dire ce que cela dit de la vision de Williamson, mais l'expression artistique ne se fait plus catharsis, celle-ci se faisant par le biais d'un modernisme presque incongru tant le film paraît, dans sa structure, reproduire à l'identique la banlieue cossue telle qu'elle était dans le premier film. On peut y voir une forme d'ironie, ou d'amertume.


La dernière partie, en opposition avec celle qui précède, est celle des séparations, du repli sur soi, de la recherche de vérité, les groupes se forment, les générations se scindent avant de se retrouver. Il faut souligner le bon travail de Ramsey Nickell à la photo, déjà la scène du théâtre était réussie, jouant du cadre et de la lumière pour associer réel et artificialité, jouant de ses plans larges de l'exiguïté de ses intérieurs. Toute la séquence dans le restaurant, entre lumières éthérées, bleu et rouge profond, jeu sur les ombres.


Si l'on omet l'arc des révélations, qui n'a, de toute façon, plus d'intérêt depuis le premier, le film paraît maladroit, mais bien plus solide que ce que l'on en dit. Un cadre solide, une photographie inspirée, on peut lui reprocher de ne pas parvenir à se raconter pleinement dans sa petite heure quarante-trois, de privilégier l'action au suspens, de faire revenir par convention les survivants des films précédents, venant Randyfier l'histoire.


Finalement, de perpétuer, ce qui ne devrait pas l'être au détriment de la substantifique moelle de la trilogie originelle, celle qui savait nous mettre en tension devant un corps inanimé et l'incertitude de ce qui se cachait dans le recoin d'un couloir, celle qui était amusante et attachante et dont les protagonistes transcendaient leurs natures archétypales pour embrasser une humanité qui les réindividualise. On est bien loin de ce que la franchise a su faire de mieux, mais cela rattrape quelque peu les deux précédents.

LionelBremond
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le 3 mai 2026

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Lionel Bremond

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