Vraiment agacé par les deux précédents opus, dont la mise en scène hystérique et l’usage compulsif du jump scare rendaient l’expérience irregardable, j’avais décidé de faire l’impasse sur ce Scream 7 au cinéma. Un dimanche à tuer et peu d’attentes auront finalement eu raison de ma méfiance. À l’arrivée, le film ne m’aura pas donné tort.
Le départ forcé des deux horripilantes héroïnes des précédents films, évincées pour avoir osé tenir certaines positions politiques, constitue paradoxalement la meilleure décision prise par la production. La saga revient ainsi à sa figure originelle, Sidney Prescott. Son retour ouvre d’ailleurs de nouveaux enjeux. Ghostface peut s’attaquer à une cellule familiale : un mari, des enfants, une vie construite. Le film insiste même sur l’existence de deux autres enfants, opportunément partis chez leur grand-mère, comme une manière de préparer d’éventuelles suites.
Mais cette promesse narrative reste théorique. Là où les précédents films accumulaient dialogues insupportables et personnages écrits comme des caricatures d’eux-mêmes, Scream 7 choisit un classicisme étonnamment fade. La mise en scène, toujours aussi plate, continue de s’appuyer sur des jump scares mécaniques sans jamais créer de véritable tension. Et rien ne vient compenser la faiblesse d’un scénario probablement parmi les plus pauvres et déséquilibrés de la saga.
Gale Weathers n’est présente qu’à moitié, comme si le film ne savait jamais quoi faire d’elle. Le mari de Sidney se fait poignarder puis disparaît du récit pendant une durée absurde, sans que personne ne semble réellement s’en soucier. Quant à la révélation finale, elle tombe complètement à plat. Le lien entre Sidney et ce nouveau Ghostface demeure flou, artificiel, presque abstrait. Une surprise, certes, mais du même ordre que celle du premier tueur dévoilé dans le film, un parfait inconnu. Le procédé en dit long sur la paresse de l’écriture : faire de Ghostface un personnage que le spectateur ne peut pas identifier, non pas parce que l’intrigue l’a habilement dissimulé, mais parce que le film n’a même pas pris la peine de construire de véritables suspects.
La saga s'est toujours appuyée, de manière plus ou moins ludique, sur l'actualité cinématographique et technologique. L'IA tient donc un place dans ce film. Une place qui sert davantage à une profusion nauséabonde de caméos jeté en pleine face sans réelle logique ou lien quelconque avec l'intrigue, surtout quand on découvre l'identité des tueurs.
Au fond, ce Scream n’est rien d’autre qu’un Scream de plus. Peut-être même le plus anecdotique de tous. Dans la lignée des films post West Craven, la saga continue d'avancer toujours sur des échos de plus en pplus assourdissants aux 4 films passés. Un épisode qui finit par ressembler aux films Stab censés parodier la saga elle-même. Et c’est sans doute là le vrai destin de la franchise. Née comme une parodie maligne d’un certain cinéma d’horreur, Scream devient désormais la parodie d’une parodie d’une parodie.