Vince Vaughn dans un film de bagarre en prison ? Allons-y, ça peut être marrant !
Eh bien non, ce n'est pas marrant. C'est sombre, sombre, et sombre. Avec régulièrement une pointe d'humour irrésistible dans les répliques sarcastiques du personnage de Vaughn, qui n'atténuent que momentanément le tragique de la situation.
C'est une longue descente aux enfers, mais face à laquelle on reste scotché du début à la fin. Les dialogues sont uniques, les relations entre les personnages évitent les clichés (voir la scène d'explication de couple au début du film, traitée d'une manière plus adulte que dans n'importe quel autre film), et les combats sont sourds, lisibles, violents, loin des démonstrations bournesques de Krav-maga filmées caméra à l'épaule.
Le film a dans son rythme et sa noirceur un côté old-school, mais nous offre une tragédie moderne radicale. Vince Vaughn trouve ici l'un de ses meilleurs rôles. Monolithique, jusqu'au-boutiste, brutal et flegmatique à la fois. Une sorte de variante de l'archétype de l'anti-héros mutique illustrant le calme avant la tempête, comme l'était Ryan Gosling dans Drive.
Après Bone Tomahawk et avant Dragged Across Concrete, Brawl in Cell Block 99 laisse supposer que S. Craig Zahler est un réalisateur, et un auteur, sur qui il va falloir compter dans les années à venir.