En seulement 3 films, S. Craig Zhaler s'est rapidement imposé comme l'un des cinéastes les plus intéressants des années 2010, représentatif d'un cinéma américain violent et sec à l'opposé des blockbusters parfois trop lisses sortants en salles.
Section 99, c'est un peu 2 films en 1. On suit le parcours d'un homme se retrouvant au chômage, puis il apprend que sa femme a une liaison mais malgré tout il veut reconstruire leur couple qui s'est délité suite à une mauvaise couche.
Il renoue contact avec une relation pour le remettre sur les rails, seulement son ami est un trafiquant de drogue. En peu de temps sa vie va changer, il devient riche et sa femme tombe à nouveau enceinte mais après un coup raté, la police l'arrête et il va en prison.
A partir de là, le ton du film change.
Au début de Section 99 il y a un passage sur le café et une machine donnant du lait écrémé et du lait, un monologue dit par Vince Vaughn qui rappelle des discussions à la Tarantino.
Dès le début, le réalisateur installe une certaine lenteur dans son récit, mais pas de celles qui sont ennuyeuses car comme dans ses autres films malgré un calme apparent, petit à petit on plonge dans la violence et dans la tension (la climat va crescendo).
La 2ème partie de Section 99 est assez hallucinante, certes les invraisemblances sont nombreuses et soudainement alors que le début avait presque un aspect documentaire (cet aspect est accentué par la photographie qui est un peu terne), on vire vers la série B assez gratinée avec des effets grand-guignolesque digne du cinéma Bis italien.
Je ne veux pas trop en dire pour laisser à ceux qui n'ont pas vu ce film, le plaisir de la découverte.
Vince Vaughn qui ne m'a jamais vraiment marqué, sort de son style habituel et s'impose dans un rôle fort, à ses côtés on retrouve avec plaisir des figures tels que Don Johnson et l'allemand Udo Kier.