Habitué de la comédie américaine, Vince Vaughn vient ici porter ce thriller glacial dans un rôle à contre-emploi dans lequel il est étincelant de sobriété et de fermeté.
Cela fait un moment que j’entends parler de S. Craig Zahler comme un cinéaste américain qui renouvelle le thriller et le polar, je me suis donc laissé tenter par ce film et je dois avouer avoir trouvé le film plutôt original.
Déjà, au niveau du genre, on est pas sur du film de prison pur et dur auquel on est habitué, le film évite tous les stéréotypes habituels du genre. Il prend également le temps d’introduire l’intrigue tranquillement, sereinement. Sérénité et calme qui semblent en adéquation avec l’intrigue et le scénario mais qui vont pourtant la sublimer et la rendre passionnante. Puisque oui, le film est calme. Les actions sont nombreuses, violentes, graphiques mais la mise en scène reste calme, beaucoup de plans fixes, à distance, la caméra prend du recul.
Cette sérénité et ce sang-froid dans l’esthétique du métrage sont ceux du personnage principal, joué par Vince Vaughn donc, qui est une espèce de force tranquille qui reste de marbre face à tout ce qui lui arrive, qui a un recul immédiat sur tout et qui ne craque pas. Et c’est justement l’enjeu qui nous plonge dans le film en tant que spectateur, va-t-il craquer ? S’instaure alors un rapport particulier entre le film et son spectateur qui va au-delà de l’expérience spectatorielle d’un thriller ou d’un film de prison classique où l’on est confronté à la violence caméra épaule etc. Ici non, ce qui rend le film aussi attrayant c’est ce personnage si particulier qui paraît en constante maîtrise et ne faiblit pas.
Le film aurait pu avoir un style plus classique, la photographie et les lumières sont d’ailleurs plus classiquement travaillées, et il aurait été un bon thriller efficace. Mais en faisant le pari d’un recul constant et d’une certaine froideur de style sur plus de 2 heures, Brawl in Cell 99 va au-delà et marque par sa singularité.