See No Evil
4.9
See No Evil

Film de Gregory Dark (2006)

Le mal a des yeux… mais pas assez de profondeur

Quand un slasher tente de ressusciter les grandes heures du genre tout en misant sur un catcheur pour porter l’horreur sur ses épaules, le résultat peut surprendre autant qu’il divise. See No Evil, sorti en 2006, nous propose une plongée brutale dans un huis clos sanglant où l’ombre d’un tueur sadique plane sur chaque escalier grinçant.

L’intrigue est simple – peut-être trop. Un groupe de jeunes délinquants, envoyé en réhabilitation pour nettoyer un hôtel abandonné (et sinistre à souhait), se retrouve pris au piège d’un psychopathe à la force surhumaine : Jacob Goodnight, incarné par le colossal Kane (aka Glenn Jacobs, pour les amateurs de catch). On sent tout de suite que l’objectif n’est pas de réinventer le genre, mais de lui rendre hommage, à coups de crochets de boucher et de jump-scares efficaces.

Côté interprétation, Kane fait ce qu’on attend de lui : il impose une présence physique glaçante, presque bestiale. Le reste du casting, en revanche, peine à convaincre. Les personnages sont caricaturaux, parfois agaçants, et manquent de développement – ce qui n’aide pas à s’attacher à leur sort. On est là pour voir du sang, et c’est ce que le film nous donne… mais sans trop d’émotion.

La mise en scène, elle, fait preuve d’un certain savoir-faire. La caméra nerveuse et les plans serrés renforcent l’oppression, et l’atmosphère délabrée de l’hôtel est franchement réussie. Certaines scènes sont bien pensées visuellement, notamment les meurtres qui exploitent intelligemment l’environnement. C’est brutal, crasseux, parfois gratuit – mais c’est assumé.

La musique, quant à elle, joue la carte du minimalisme glauque. Elle accompagne discrètement les montées de tension, sans jamais trop en faire. Rien de mémorable, mais elle remplit son rôle.

See No Evil est un film honnête dans sa démarche : il ne cherche pas à séduire un public large, mais bien les amateurs d’horreur old school, de corps mutilés et de catharsis sanglante. Si vous cherchez un récit subtil ou des personnages profonds, passez votre chemin. Si vous voulez juste un slasher brutal pour une soirée pop-corn qui tache… vous y trouverez votre compte.

Ma note : 6/10.

Mika-el
6
Écrit par

Créée

le 16 juil. 2025

Critique lue 3 fois

Mica

Écrit par

Critique lue 3 fois

D'autres avis sur See No Evil

See No Evil

See No Evil

1

Ordos

168 critiques

Nanar ultime

Ce film est la quintessence des erreurs d'un film d'horreur. Histoire prévisible, personnages creux et acteurs nuls, tueur anti charismatique, certains moments d'une rare indignation mais... on...

le 28 sept. 2010

See No Evil

See No Evil

1

Foxart

312 critiques

Feel no fear

3 ou 4 bonnes idées (les mouches, notamment et leur lieu de prolifération^^) ne font hélas pas un film... Du caca, à la limite... Un truc ennuyeux et laid au possible, en tous cas...

le 14 oct. 2014

See No Evil

See No Evil

7

Fatpooper

14061 critiques

Coucou, devine qui c'est?

Des films d'horreur ayant pour lieu d'action une vieille barraque et mettant en scène des petits jeunes qui se font massacrer, il y en a déjà une pelletée. Le réalisateur avait donc le choix entre...

le 24 avr. 2012

Du même critique

Avengement

Avengement

7

Mika-el

92 critiques

Adkins sort les tripes (et les dents)

J’ai pris une vraie claque avec Avengement. C’est sans doute l’un des meilleurs rôles de Scott Adkins, et clairement le film qui montre qu’il est bien plus qu’un simple cascadeur ou expert en arts...

le 16 août 2019

Barbie

Barbie

4

Mika-el

92 critiques

Barbie" : de la poupée au pamphlet, une métamorphose inégale

Il y a des films qui s’annoncent comme des feux d’artifice, promettant une explosion de couleurs, d’audace et de subversion. Barbie était de ceux-là. Un casting de rêve, une réalisatrice reconnue...

le 20 juil. 2025

28 ans plus tard

28 ans plus tard

5

Mika-el

92 critiques

Quand la rage cherche son souffle

On attendait Danny Boyle comme le messie du cinéma d’horreur pour ressusciter sa saga culte. Vingt-huit ans après la fuite du virus de la Fureur, le monde est à nouveau confronté à l’impensable...

le 7 sept. 2025