Pas "le meilleur western de tous les temps" mais presque, bravo Budd Boetticher

Que dire de plus de ce western, un des plus commentés depuis que le critique George Sadoul a dit de lui, peu de temps après sa sortie, qu'il était le meilleur western de tous les temps ? Juste quelques mots de partage.

Ce n’est pas le premier western de Budd Boetticher, mais le premier de la serie  avec Randolph Scott comme acteur principal, Harry Joe Brown comme producteur et Burt Kennedy  comme scénariste, une série qui comporte 4 chefs d’oeuvre.

Après celui-ci, il y aura The Tall T, L’Homme de l’ Arizona (1957),  puis Ride Lonesome - La Chevauchée de la vengeance (1958) et enfin Comanche Station (1960). Notons que The Tall T (pour moi encore meilleur que 7 Hommes à Abattre) est tiré d’un roman du brillant auteur de westerns et de polars Elmore Leonard.

La trame de ces 4 films est proche : vengeance ou poursuite, une romance d’arrière-fond impossible ou tragique avec une rivalité entre le héros et un mari, et surtout un bad guy d'anthologie : les méchants de la série sont les plus réussis parmi tout l’ensemble westernien américain.

Ici, c'est Lee Marvin, splendide.  

Le gunfight final est tres classique, un face à face (qui tire le premier ?) et en même temps très original dans sa sécheresse. Il est précédé d’un échange à la fois informatif et émotionnel entre les deux hommes (incluant la méfiance, l’estime réciproque et les regrets de devoir en passer par là) qui est déductible des postures, des mimiques et des quelques mots échangés. Il claque et foudroie Lee Marvin, très surpris, qui voulait jusqu’à la derniere seconde être celui qui montrerait le plus de noblesse et de courtoisie viriles dans ce duel : une terrible erreur, nous dit son regard tandis qu’il s’écroule.

Tout ceci nous est livré en quelques plans tres courts et tres rapides. Cette séquence est la dernière de toute une série de séquences captivantes depuis le début.

Le dernier quart du film a pour décor les monticules pierreux de Alabama Hills, Lone Pine, en Californie, souvent utilisés dans les westerns, mais extrêmement bien utilisés ici (rappelant une autre utilisation remarquable, plus dans les hauteurs, par George Sherman dans Le Diable dans la Peau - Hell Bent the Leather, 1960).

Notons que dans la série complète Boetticher - Scott de cette période, quand l'equipe de direction est fragmentée, la qualité diminue. Il y a ainsi deux autres opus, qui sont moyens «Décision at Sundown» (1957) et Westbound, Le courrier de l’Or (1959), et un film qui est très médiocre "Buchanan Rides Alone », L’Aventurier du Texas (1958), même après plusieurs visions.

Ces trois derniers ont d’autres scénaristes que les 4 autres écrits par Burt Kennedy (qui sera plus tard moins brillant comme réalisateur). Quant à WestBound, il a un autre producteur que Harry Joe Brown.

(Note de 2018 publiée en Janvier 2025).

Remarque du jour : ne pas confondre avec une autre production Ranown (Randolph Scott / Harry Joe Brown) de 1955 Dix Hommes à Abattre - Ten Wanted Men, de Bruce Beresford, qui n'est que passable - et encore, seulement pour les amateurs.

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Michael-Faure
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le 27 janv. 2025

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