Il y a comme une étrange impression de commencer par la fin : le traditionnel épilogue du gunfight à OK Corral fait office de prologue. Sturges invente le western de l'après. De l'après légende, celle du célèbre règlement de comptes, qu'il avait lui-même mis en scène avec brio dix ans auparavant (entre-temps le spaghetti a tout salopé). Le western n'est qu'éternel recommencement. Pas étonnant que le genre plaise à un garçon aussi obsessionnel que moi...

Après OK Corral, un procès (un des meilleurs moments du film) acquitte Wyatt Earp du quasi génocide du clan Clanton. Ike, le patriarche (joué par Robert Ryan), veut se venger de la tribu Earp : Morgan y passe, Virgil se retrouve handicapé, Wyatt s'en sort. La vengeance appelant la la vengeance, l'aîné des frangins poursuit, avec l'aide du fidèle Doc Holliday, Ike Clanton et ses hommes de mains.

Western juridique, où l'on apprend que la loi, pourtant omniprésente, est une chose abstraite, mouvante et hypocrite. Il est fascinant de voir un criminel endurci devenir, en cinq secondes, un représentant de l'ordre, juste parce qu'il a levé la main droite. Fascinant et pratique.

Si le film ne décolle jamais vraiment, on le doit au casting médiocre. Wyatt est joué par une grosse moulasse (James Garner), mais on s'en cogne un peu de Wyatt Earp, le gentil monolithique, c'est de toute façon chiant. Mais Doc Holliday ! C'est presque un exploit de rendre si terne un personnage aussi merveilleux, probablement mon préféré de toute l'histoire de l'Ouest américain. Rendez-nous Victor Mature !


PS : Pas sûr de piger le titre français, Sept secondes en enfer.
Pruneau
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le 24 mai 2014

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