Serial Noceurs
5.6
Serial Noceurs

Film de David Dobkin (2005)

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Pourquoi chercher à être subtil lorsqu'on peut être beaucoup plus con !


Il faut m'excuser si je ne saute pas sur l'occasion pour une invit' à dîner car c'est vrai que la situation pourrait nous amener à un tendre dîner avec ta copine mais je ne le sens pas : je serais là à me demander si j'ai un bout de salade qui pend, si elle trouve que je ne parle pas assez ou alors trop, si je dois la jouer intéressé ou alors pas du tout intéressé, si je ne suis pas intéressé, elle sera peut-être pas intéressée, mais si elle n'est plus intéressée c'est là qu'elle va m'intéresser. C'est toujours comme ça qu'on se retrouve intéressé ! Est-ce que je dois l'embrasser ou la jouer copain-copain en faisant une accolade, est-ce que je dois mettre le cul en arrière, est-ce que je dois la serrer en évitant de toucher ses lèvres surtout, parce que sinon elle va me trouver collant ou est-ce que, au contraire, je dois chercher à me coller et à me rapprocher langoureusement en profitant de la situation ? Moi je sais pas, c'est difficile à décoder, est-ce qu'on s'emballe pas trop vite ? Il faut prendre les bonnes décisions, on pourrait peut-être réfléchir un peu avant. Oh, oui il faut y aller par petites touches il faut pas se la jouer...



Le mariage, c’est le meilleur endroit pour pécho !



Quand deux célibataires ont trouvé la meilleure combine du monde pour multiplier les conquêtes sans jamais avoir à payer leur entrée en s’incrustant à des mariages pour picoler gratuitement et repartir avec une conquête ! Serial Noceurs, réalisé par David Dobkin, est le genre de comédie qui part d’un concept aussi simple qu’excellent pour lui faire subir un véritable déluge de gags, de situations improbables et de quiproquos avec des personnages complètement barrés. John Beckwith (Owen Wilson) et Jeremy Grey (Vince Vaughn) ont trouvé le plan parfait, s’inviter à des mariages auxquels ils ne sont absolument pas conviés, se faire passer pour des proches des mariés, profiter du buffet, picoler comme des trous et surtout séduire les demoiselles d’honneur. Une technique parfaitement rodée qui leur permet de transformer chaque cérémonie en terrain de chasse. Le principe est génial parce qu’il offre au scénario une quantité quasiment infinie de possibilités comiques. Et le plus drôle, c’est qu’ils sont devenus tellement bons dans leur domaine qu’ils ont développé tout un véritable manuel du parfait pique-assiette matrimonial. Enfin, ça, c’était avant qu’ils tombent sur la famille Cleary ! Car évidemment, il fallait bien qu’un jour leur petite mécanique parfaitement huilée connaisse quelques ratés.



Le scénario de Steve Faber et Bob Fisher ne se contente pas de répéter son concept de départ indéfiniment. Il commence par nous présenter la petite routine parfaitement maîtrisée de John et Jeremy, puis il vient progressivement foutre le bordel dans leur existence en faisant entrer dans l’équation des personnages qui vont complètement perturber leur petit jeu. Le film va alors progressivement abandonner le simple principe de la chasse aux demoiselles d’honneur pour construire une véritable succession de catastrophes où les mensonges de notre duo vont devenir de plus en plus difficiles à maintenir. Et c’est là que Serial Noceurs devient particulièrement drôle. Parce que le film ne cherche jamais à être subtil lorsqu’il peut être beaucoup plus con. Un mensonge entraîne un autre mensonge, qui oblige à en inventer un troisième, puis un quatrième, jusqu’au moment où nos deux champions du mariage se retrouvent complètement prisonniers de leur propre connerie. Le film mélange ainsi comédie romantique, humour potache, situations gênantes, personnages excentriques, humour sexuel et gros délire familial sans jamais vraiment chercher à savoir s’il dépasse ou non les limites du bon goût. Et c’est précisément ce qui me fait autant rire.



Vince Vaughn est absolument énorme dans le rôle de Jeremy. Grande gueule, sûr de lui, dragueur invétéré, toujours prêt à sortir une énormité avec un aplomb désarmant, Jeremy est le genre de type qui a réponse à tout. Il possède toujours une théorie, toujours une explication et surtout toujours une connerie à raconter. Son débit de parole, ses expressions, son physique imposant et cette façon qu'il possède de continuer à jouer les mecs sûrs d'eux alors qu'il est clairement en train de vivre l'une des pires situations de son existence sont absolument irrésistibles. Et le film va lui en faire voir de toutes les couleurs. Sa rencontre avec Gloria (Isla Fisher), constitue l'un des éléments les plus drôles. Jeremy pense évidemment avoir trouvé une nouvelle conquête facile. Une petite fille sage, un peu naïve, qu'il pourra séduire avant de passer à la suivante. Sauf que Gloria est complètement cinglée, avec une innocence apparente qui rend son comportement encore plus inquiétant. Elle peut passer d'un sourire adorable à une attitude complètement flippante en quelques secondes. La comédienne Isla Fisher est complètement déchaînée dans le rôle. Elle est possessive, envahissante, imprévisible et surtout complètement obsédée par lui. Et Vince Vaughn va prendre cher. Très cher.




Tu sais ce qui est merveilleux avec les mariages ? C’est qu’ils sont remplis de femmes désespérées qui cherchent un homme.



À côté de lui, Owen Wilson est drôle mais plus sage dans le rôle de John Beckwith. Là où Jeremy est davantage attiré par le simple plaisir de la chasse, John commence progressivement à remettre en question leur mode de vie lorsqu'il tombe réellement amoureux de Claire (Rachel McAdams). Le duo fonctionne à merveille parce que les deux comédiens possèdent des personnalités comiques différentes mais parfaitement complémentaires. Owen Wilson apporte de la douceur, de la naïveté et de la maladresse qui rendent son personnage immédiatement sympathique. Alors que Vince Vaughn est beaucoup plus expansif, beaucoup plus grande gueule et surtout beaucoup plus imprévisible. À eux deux, ils forment une équipe qui fonctionne à plein régime et dont on découvre une véritable complicité. Rachel McAdams est parfaite en Claire Cleary, tandis que Christopher Walken dans le rôle de son père, William Cleary, possède des interventions mémorables. Bradley Cooper incarne le parfait connard en tant que Sack Lodge. Enfin, il faut également parler de Will Ferrell dans le rôle de Chazz Reinhold. C'est une caricature absolue du séducteur professionnel qui a complètement sombré. Celui qui autrefois était le maître incontesté de l'incruste dans les mariages est devenu un séducteur sans scrupule vivant chez sa mère.



Impossible de ne pas parler de ma scène favorite me faisant à chaque fois pleurer de rire, où Jeremy se retrouve menotté au lit par Gloria, qui le laisse comme ça et s'en va. Le grand dragueur qui passe son temps à contrôler les situations se retrouve complètement prisonnier de sa conquête. Et comme si cette situation n'était pas déjà suffisamment gênante, le frère complètement déjanté de Gloria vient se frotter contre lui en slip. La situation est tellement grotesque qu'elle pourrait difficilement aller plus loin. Mais le film trouve évidemment le moyen de continuer, lorsque le père arrive pour lui parler comme si tout était parfaitement normal tandis que le fils s'est caché. On atteint exactement le genre de décalage que j'adore dans ce film. C'est tout l'art de Serial Noceurs, prendre une situation déjà ridicule et se demander jusqu'où on peut encore la pousser. Et Vince Vaughn est le cobaye idéal pour ça. Même chose lorsqu'il se fait tirer dans les fesses. Là encore, le récit aurait pu se contenter du gag initial, mais il exploite complètement la situation et laisse Vince Vaughn subir les conséquences de sa malchance en perdant progressivement toute dignité. Et moi, je suis mort de rire.



Sur le plan technique, David Dobkin signe une réalisation efficace et suffisamment dynamique pour accompagner le rythme soutenu de cette comédie, avec une mise en scène qui sait exploiter aussi bien les grands décors de mariage que les situations plus intimistes sans jamais alourdir le récit. Le film ne laisse jamais véritablement le temps aux situations de s'installer suffisamment longtemps pour devenir répétitives. Lorsqu'un gag commence à s'essouffler, un nouveau personnage arrive, une nouvelle situation apparaît ou un nouveau mensonge vient compliquer l'histoire. La bande originale de Theodore Shapiro accompagne parfaitement les différentes tonalités du film, alternant morceaux romantiques, titres plus entraînants et compositions venant souligner avec efficacité les moments de comédie comme les passages plus sentimentaux. Bien évidemment, tout n'est pas parfait. Certaines blagues fonctionnent moins bien que d'autres, quelques passages sentimentaux sont plus convenus et l'ensemble reste profondément ancré dans les codes de la comédie romantique américaine des années 2000. Mais difficile de lui en vouloir lorsque le film est capable de nous offrir autant de scènes aussi mémorables. Et surtout lorsque Vince Vaughn est dans une forme pareille. Car c'est vraiment lui qui incarne le film.




CONCLUSION :



Serial Noceurs, de David Dobkin, réussit un excellent cocktail de comédie romantique, humour potache, vulgarité assumée, situations gênantes, personnages complètement barrés et surtout de gags qui savent aller toujours un peu plus loin. Le duo Owen Wilson/Vince Vaughn fonctionne à merveille ! Mais surtout, le film possède Vince Vaughn.


L’art de transformer chaque mariage en terrain de chasse et chaque cérémonie en véritable festival de conneries !




- Comment va mon protégé… bite ambulante ?
- Ben c'est marrant, bite ambulante est sur le point de se marier.
- Quoi ?? Quel con !! Quel loser !! Cool !! C'est mieux pour toi et moi !

B_Jérémy
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Créée

il y a 6 jours

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