Session 9 (2001) de Brad Anderson est un chef-d'œuvre incontestable de l'horreur atmosphérique, souvent sous-estimé car il écarte les codes du genre au profit de l'ambiance et de la lente dégradation mentale. La mise en scène est une réussite totale, transformant la contrainte du low-budget en force brute.
Le film tire sa puissance de son lieu unique, le véritable asile désaffecté de Danvers, qui devient un personnage contaminant. L'idée que l'équipe y soit pour le désamiantage est une trouvaille scénaristique : bien que le détail ne soit pas réaliste, il fonctionne parfaitement en ajoutant une couche de danger et de toxicité physique qui fait écho à la folie latente.
Anderson privilégie la tension à progression lente et le jeu d'acteur très juste à la surenchère de jump scares. Le cœur de l'horreur réside dans la révélation progressive des bandes audio (Session 9) et la fin ambiguë, qui refuse l'explication facile. En privilégiant l'horreur psychologique et le trouble dissociatif de l'identité comme menace, Session 9 offre un dénouement bien plus dérangeant et mémorable que n'importe quelle histoire de fantômes.