C'est fou ce que ce chiffre précisément a pu inspirer l'humanité dans ses moindres recoins et de tous temps. Certains parleraient même d'un chiffre sacré et peut-être même magique. Il y avait les "Sept contre Thèbes" puis il y aura les "Sept collines de Rome". Il y avait les "Sept merveilles" du monde puis il y aura la "danse des Sept voiles de Salomé". Et les "Sept piliers de la sagesse" correspondent ils aux "Sept femmes de Barbe-Bleue" ? Et puis existe-t-il une civilisation où la semaine ne faisait pas Sept jours ?
Même Noé ne devait embarquer que Sept couples de chaque espèce dans son Arche. Sans oublier les plaies d'Egypte qui devaient durer Sept jours ni les Sept nains qui protègent Blanche-Neige.
Et puis les Sept couleurs de l'arc en ciel et enfin les Sept péchés capitaux … Ah, après m'être bien amusé dans cette inutile digression, mine de rien, je commence à approcher de David Fincher qui a construit son thriller sur sept crimes illustrant ces fameux sept péchés capitaux sur lequel devront enquêter deux (2) inspecteurs William Somerset (Morgan Freeman) et David Mills (Brad Pitt). Et justement Morgan Freeman qui est encore à sept jours de la quille, la retraite … Et je ne serais pas surpris de découvrir que le facétieux David Fincher n'ait pas utilisé le nombre sept ailleurs sans nous le dire …
Revenons un peu au film où l'idée de départ ne manque pas d'intérêt. Un homme constatant le profond état de délabrement moral de la société décide, seul, de frapper un grand coup en trouvant et exécutant (ou faisant exécuter) des gens qui pèchent par gourmandise, orgueil, luxure, envie, etc … Plus modeste qu'un certain quidam qui voulait détruire les villes dépravées de Sodome et Gomorrhe, lui va se contenter finalement de sept exécutions.
Mais il n'empêche que l'homme que Fincher nous met en scène, qui se fait appeler John Doe, c'est-à-dire, en anglais, monsieur Untel ou Tartempion, fait irrésistiblement penser aux risques que courent nos sociétés de plus en plus complexes de développer une volonté individuelle de se faire sa propre justice, de générer quelque chose qui ressemble à un intégrisme, qu'il soit religieux ou pas. Il faut bien reconnaître que Fincher accentue l'aspect anxiogène de la vie dans cette ville surpeuplée et dont l'ambiance est bien glauque sous cette pluie interminable … Et cette angoisse est d'autant plus palpable que les divers crimes dont on ne voit que les conséquences ne sont que suggérés .
Face à ce criminel, les deux inspecteurs opposent des approches très différentes. Si le personnage de Morgan Freeman développe un caractère plus réfléchi, plus professionnel, plus cultivé aussi, le personnage joué par Brad Pitt montre un caractère emporté, une volonté de foncer, à tout prix, dans le tas, quitte à se ramasser à la petite cuiller. Mais après les premiers contacts plutôt rugueux, la relation va se normaliser peu à peu.
Au final, "Seven" va se révéler être un bon thriller mais aussi un film bien noir dont la tension ne cessera de croître jusqu'à la scène finale. Où celui qui aura le dernier mot n'est pas celui qu'on attend, renforçant encore un peu plus l'angoisse du spectateur sur le chiffre Sept.
Mais c'est par pur esprit de contradiction que je mettrai Huit et non Sept à ce film