En 25 ans, Jonathan Glazer a tourné 4 films : "Sexy beast" en 2000, "Bird" en 2004, avec Nicole Kidman, bizarrement invisible à moins d'acheter le dvd, "Under my skin" en 2013 et "la Zone d'intérêt" en 2023. "Sexy beast" débute brillamment cette courte filmographie. MK2 Curiosity a l'excellente idée de le programmer sur son site, et c'est gratuit, jusqu'au 13 mars. Pour celles & ceux qui ne l'auraient pas vu, précipitez-vous, c'est une pépite !
Il faut parler déjà de la musique qui accompagne le film : "Peaches" de The Stranglers accompagne le début... Un enchaînement de scènes drôles, puis irrésistibles, où l'on rit de bon cœur. Déjà se profile un sens aigu du montage, celui du cadre et une manière de filmer qui interpelle par son audace: (mouvements aller/retour renversants entre barbecue en feu et ciel, par exemple...). Musicalement, le film enchaîne avec le célèbre "Lujon" d'Henri Mancini pour accompagner des scènes nocturnes, dont l'acmé sera le couple qui s'embrasse, en lévitation au dessus d'une ville. Mais la vie de ces personnages les rattrape, et les rêves sont lourds, lynchiens... et la musique d'Unkle & South "Psychosis" accompagne bien ce moment onirique. Probablement une autre musique d'Unkle accompagne la scène suivante, et là, je me dis qu'il faut un grand talent pour marier aussi bien musiques & images. Lors d'une scène de bar, résonne "Cuba" des Gibson Brothers C'est l'histoire de dominants et de dominés, sachant que dans ces relations, il y a toujours plus haut, ou plus bas. Les dialogues, percutants fuckent... (Je pense que Coralie Fargeat a du voir le film, car quelques plans font penser "The Substance "). "Le risque, l'ivresse, le pied", c'est le mantra de cette bande de malfaiteurs qui vont accomplir quelque chose d'inouï. Un plan circulaire sur le personnage en haut de la pyramide sera repris deux fois... D'une grande maîtrise filmique, fourmillant d'idées visuelles, flashs-backs rapides, caméra frénétique quand l'action débute, véritable tour de force à l'écran, dans l'histoire et de la part du cinéaste qui se révèle impressionnant. Le film s'achève sur "Sway" de Dean Martin.
La grande classe.