Hou Chieh est un des seigneurs de guerre qui ravage la Chine pendant les années 20. Sa paranoïa provoque la mort de sa fille et la fuite de son épouse. Il se réfugie alors dans le temple Shaolin et y découvre la guérison.
Benny Chan réalise des films d’action. Si Shaolin s’inspire de l’œuvre éponyme des années 80, il n’en est pas le remake.
L’histoire, assez classique, frise avec la caricature. Force violons accompagnent ce mélodrame où tout le monde meurt en essayant de ne pas être malheureux. Par ailleurs, ce chaos est la faute des vilains Occidentaux sans scrupule qui ne veulent que s’approprier la terre ainsi que les richesses de Chine. Bien sûr, ces lâches se cachent derrière leurs armes à distance. Niveau propagande, ce film ressemble à la série des Ip Man.
Bon, le scénario est naze, mais les combats sont très corrects avec la belle prestation de Wu Jing. Par ailleurs, il est impressionnant d’assister à la performance de Xing Yu qui a effectivement appris le kung fu au temple Shaolin pendant 10 ans. Andy Lau s’en sort tout à fait honorablement en boxe chinoise alors que ce n’est pas son domaine. En revanche, les acrobaties de Jackie Chan jurent avec les affrontements léchés de ce film.
C’est d’ailleurs un peu triste de voir ce vieil artiste martial essayer de jouer à côté du grand professionnel qu’est Andy Lau. Sa prestation, tout comme son personnage comique, semble déplacée dans ce mélodrame, et ses conseils philosophiques tombent à plat. La présence de Jackie dans cette œuvre fait penser à des amis qui invitent leur pote un peu simplet pour qu’il participe lui aussi.
Tout le film repose sur la performance de Andy Lau qui peut donner la pleine mesure de son talent. La variété ainsi que la justesse de ses expressions sont somptueuses, et ses collègues peinent à le suivre.
Shaolin est un film d’arts martiaux mélodramatique assez naïf et vilainement propagandiste. Il offre toutefois de jolis décors ainsi qu’une belle performance d’acteur pour Andy Lau. À consommer comme tel, donc.