Franchement, je m’attendais à ce que le film soit vraiment mauvais et peu inspiré, mais finalement j’ai été agréablement surpris. Sans être génial, Shazam! arrive à se démarquer des blockbusters super-héroïques bien fades dont on est gavés habituellement, en abordant des thématiques assez intéressantes.


La thématique centrale du film réside bien sûr dans la famille, et ça tombe bien, c’est un thème que j’affectionne particulièrement. Ainsi, le héros, Billy, vogue à la recherche de sa mère, de son identité, au cours du film, ayant été séparé d’elle quand il était enfant, et tout tourne autour de la manière dont Billy va essayer de se construire au fil du film.


Si au départ, il se définit avant tout comme quelqu’un qui renie toute autorité, toute règle raisonnable, et dont le seul but est de retrouver enfin sa mère, il va petit à petit apprendre à s’intégrer dans un cadre familial peu traditionnel. Une fois ses illusions concernant son passé et sa mère évanouies, Billy va totalement se redéfinir et finira par se lier avec sa petite famille d’accueil, qui est d’ailleurs bien sympathique et à laquelle on finit également par s’attacher. Ce processus de progression du personnage évolue bien sûr avec l’apprentissage de ses responsabilités en tant que héros.


C’est là la deuxième thématique importante, la figure du héros. Là encore, Shazam/Billy évolue. Quand il découvre pour la première fois ses pouvoirs, il se montre très superficiel, uniquement attiré par le succès et l’argent, ce qui ne peut manquer d’évoquer notre société actuelle où, pour reprendre les mots de Peno, «on dématérialise absolument tout pour, à contrario, mettre en avant les plus matérialistes». Il apprend progressivement à maîtriser ses pouvoirs avec l’aide de son ami et à comprendre que ses pouvoirs impliquent certaines responsabilités, ce qui n’est pas sans évoquer la construction de Spider-Man dans les films de Raimi. Autant dire que Shazam prend exemple sur de bons modèles !


Malheureusement, Shazam! est gangrené par cette structure traditionnelle qui veut qu’il y ait obligatoirement un «Méchant» à combattre, alors que le film aurait vraiment gagné à ne s’attacher que sur le développement en profondeur des thématiques susmentionnées et à ne pas avoir d’antagonistes. D’autant que l’antagoniste principal est assez pathétique, et son caractère fondé sur la frustration de ne pas avoir eu un père aimant fait plus pitié qu’autre chose. On se retrouve donc malheureusement avec beaucoup de scènes banales vues et revues dans les films du genre. Le film arrive malgré tout à proposer quelques bonnes scènes avec ce «méchant» (je ne me rappelle même pas de son nom), comme lorsqu’il déchaîne les sept Pêchés capitaux dans la salle de réunion et que l’on voit les hommes d’affaires se précipiter contre la vitre pour tenter, en vain, d’échapper à une mort certaine. C’était une scène très réussie visuellement ! Shazam tourne également en ridicule certains stéréotypes, comme le grand discours final de l’antagoniste, mais ça ne parvient pas à cacher le fait que, lui aussi, il y a cédé…! C’est vraiment dommage que le film n’ait pas laissé de côté cette structure barbante des films Hollywoodiens.


Et oui, Shazam! n’a pas eu l’audace de se libérer du carcan des films du super-héros, et c’est clairement ce qui l’empêche d’être un grand film. Si le film s’était concentré sur l’évolution du personnage de Shazam sans rajouter une intrigue artificielle par-dessus, le film aurait beaucoup gagné en qualité et en profondeur. Mais ce n’était malgré tout pas mauvais, au-dessus de la moyenne des films super-héroïques (ce qui n’est pas bien difficile, cela dit), et Shazam! parvient à proposer un petit moment agréable et intéressant au spectateur.

Charlandreon
5
Écrit par

Créée

le 24 nov. 2020

Critique lue 74 fois

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