Shell
4.6
Shell

Film de Max Minghella (2025)

L’acteur Max Minghella, fils du réalisateur Anthony Minghella (l’oscarisé « La Patient anglais » ou le méconnu et magistral « Agoria ») réalise ici son second long-métrage après « Teen Spirit ». Personnage important de l’immense série « La Servante écarlate », il en a recruté sa partenaire et actrice principale, Elizabeth Moss pour « Shell ». Le script suit deux personnages féminins, dont une actrice vieillissante, autour d’un produit qui rajeunirait drastiquement mais non sans quelque ratés pour le moins monstrueux. Ce résumé vous rappelle quelque chose? Normal, il ressemble fortement à celui de la calque « The Substance » de Coralie Fargeat, une œuvre extrême, un chef d’œuvre qui a marqué l’année 2024 à tous niveaux. Un film marquant qui même lancé une mode pour les programmes concernant la beauté, la chirurgie esthétique et ses dérives en mode body horror avec un discours sur l’âgisme pour les femmes. Du génial « Together » au passable « Skincare » en passant par la série « The Beauty », le film a fait des émules et celui-ci est probablement son avatar le plus ressemblant. Plagiat involontaire puisque les deux films ont été tournés à peu près en même temps, il a subi la sortie du long-métrage de Fargeat au point d’être repoussé puis lâché sur une plateforme de streaming en catimini. Sa sortie ultérieure lui a porté préjudice mais tout autant que sa moindre qualité. « Shell » n’est certes pas désagréable mais il souffre indubitablement de la comparaison avec son illustre aîné.


L’entame du film est pourtant prometteuse et particulièrement ragoûtante. Puis des lors que l’intrigue se met en place, on oscille entre suspense, une sorte de comédie noire et le body horror sans que jamais « Shell » choisisse la tonalité désirée ou puisse se targuer de bien doser ses ingrédients. Elizabeth Moss ne brille pas particulièrement ici dans un rôle pourtant propice à pléthore de nuances de jeu tandis que Kate Hudson est convaincante dans celui de la PDG sans scrupule sans avoir à trop forcer. La mise en scène de Minghella s’avère correcte et plutôt inspirée mais n’est pas non plus transcendante. Quant au discours sur cette course à le jeunesse, en particulier chez les femmes, il demeure bien trop timoré et simpliste. Le dernier acte qui tombe dans le grand guignol est aussi amusant que ridicule en poussant tous les curseurs de son concept mais de manière un peu trop forcée. Bref, vous l’aurez compris, « Shell » fait tout comme « The Substance » mais en moins pertinent voire parfois complètement raté.


On en vient à se demander quelle aurait été notre appréciation de ce long-métrage si on l’avait découvert avant le récipiendaire du prix du scénario à Cannes et donc la vague de films qu’il a inspiré. Probablement un tantinet meilleure, on ne va pas se mentir, mais très certainement pas bonne pour autant. « Shell » semble être condamné à rester dans l’ombre de son illustre copie, comme sa version aseptisée (ou low cost). Un brouillon gentillet de ce que l’uppercut de Coralie Fargeat nous a asséné. Triste sort même si, peut-être, les plus timorés ou moins exigeants des spectateurs, y trouveront leur compte. En effet, « Shell » est une œuvre qui se laisse tout de même regarder sans déplaisir car on est loin du nanar, il faut juste oublier « The Substance ». Cependant, comme vous pouvez le constater dans ce texte, ce n’est clairement pas une chose aisée!


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JorikVesperhaven
5

Créée

le 10 févr. 2026

Critique lue 18 fois

Rémy Fiers

Écrit par

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