Après le décevant blockbuster 'Godzilla' de Gareth Edwards en 2014, ce 'Shin Gojira' était une opportunité pour le cinéma japonais de rappeler au monde son autorité en matière de kaiju. Le réalisateur Hideaki Anno, fort de son expérience dans l'anime, apporte une véritable fraîcheur à la franchise, tandis que le récit renoue avec l'authenticité de la genèse de Gojira.
'Shin Gojira' réveille les problématiques liées au nucléaire au Japon. Ingérence des déchets nucléaires, traumatisme de la bombe nucléaire : l'oeuvre est un véritable avertissement sur le sujet, là où le 'Godzilla' de 2014 avait été très édulcoré dans son parallèle avec l'accident de Fukushima.
Le récit suit également la trame originale : Gojira y est une force destructrice qui doit être arrêtée coûte que coûte. De ce fait, le film se concentre sur la réponse du pays face à la menace : léthargie du gouvernement, plan d'évacuation, stratégie militaire, coalition politique. Le propos est intéressant et la réalisation, très inspirée des animes avec son montage rapide et ses dialogues concis, permet de visualiser tous les échelons de la société impliquée.
Néanmoins, on ne se débarrassera jamais totalement de l'impression de regarder un film catastrophe au budget de série B, la faute probablement à un casting, plutôt médiocre, mais juste assez convaincant pour nous entraîner dans le récit.
Au centre du casting, la créature éponyme nous laisse ce même sentiment mitigé. Le design de ce nouveau Gojira est très proche du monstre original, et le saurien géant est même interprété en partie par un acteur dans un costume. Le procédé surprend et fait son petit effet, mais on regrettera tout de même quelques fautes de goût : la créature manque cruellement de dynamisme, la première forme du monstre est un peu gênante, on ne se fait jamais vraiment à la disproportion de ses bras et de sa queue, et le regard ahuri de la bête gâche un peu son aspect terrifiant. Au moins, le film offre de véritables scènes dantesques lorsque la dernière évolution de Gojira embrase Tokyo.
Malgré quelques défauts, le cinéma japonais se réapproprie sa filiation.