Le film à sketches n'est pas a priori une spécialité américaine; ce qui n'empêche pas qu'ils se sont mis à sept pour réaliser ces histoires de durée et de qualité inégales, selon la formule consacrée.
Le point de départ commun à toutes est le caprice d'un vieil irascible disposé à léguer sa fortune à des inconnus tirés au sort dans l'annuaire. Quel usage, ou non-usage, fera chacun d'eux de ce million de dollars tombé du ciel?
Gary Cooper, 1er avril oblige, n'y croit pas. Charles Laughton (dans le sujet très bref et un peu léger de Lubistch) tirera la langue à son patron. George Raft, le falsificateur de chèques, pourra-t-il encaisser celui-ci?
W.C Field et sa dulcinée s'achètent une floppée de voitures d'occasion pour pouchasser les chauffards ! Ce sketch est d'ailleurs le plus drôle, qui dans sa forme rappelle la grande époque du burlesque muet grâce à la personnalité comique de l'acteur, à sa diction curieusement mélodieuse.
Au coeur du film, deux sujets dramatiques (pour l'un, le bénéficiaire est un condamné à mort, pour l'autre, une grand-mère dans une pension de vieux) rompent avec le ton de la comédie.
Au final, chacune de ces histoires a décliné, de façon diversement inventive, soit le caractère dérisoire de l'argent, soit le pied-de-nez social qu'une fortune inattendue inspire aux pauvres.