Renouveler le slasher relève aujourd’hui de l’exercice d’équilibriste : soit l’on érige une mythologie suffisamment marquante pour inscrire son tueur dans l’imaginaire collectif, soit l’on redouble d’inventivité dans la mise à mort, au risque de sombrer dans le gadget. Stick choisit une voie intermédiaire, plus conceptuelle que spectaculaire.
Le film doit beaucoup à son scénariste, Kevin Williamson, figure familière du genre à qui l’on doit notamment Scream et Souviens-toi l'été dernier. Fort de cette expérience, il ne cherche pas à révolutionner les codes mais à les recontextualiser. Son idée la plus féconde consiste à inscrire l’intrigue en pleine pandémie de Covid-19, un cadre encore peu exploité par le cinéma de genre, qui devient ici un véritable moteur dramaturgique.
En intégrant des thématiques contemporaines comme le mouvement #MeToo et les angoisses liées à l’isolement sanitaire, Stick s’ancre résolument dans son époque. Ces éléments, sans être toujours approfondis, offrent néanmoins une toile de fond pertinente qui renouvelle les situations de suspense et redéfinit les interactions entre les personnages.
Il en résulte un slasher modeste mais conscient de ses enjeux, qui parvient, grâce à son dispositif et à son sens du rythme, à maintenir l’attention durant ses 80 minutes. Sans réinventer le genre, Stick s’impose ainsi comme une variation honnête et, à sa manière, symptomatique de son temps.