8
104 critiques
Siege (sans spoiler)
Siege est une apologie de la bricole, des bouts de ficelle et de la résistance auto-organisée, tout en délivrant un petit message anti-flics et antifa. On suit un jeune homme dont presque aucune...
le 5 oct. 2015
Alors que la saga American Nightmare imagine un futur où les habitants des Etats-Unis, pour une nuit annuelle, auraient le droit de faire ce qu'ils veulent sans retombées légales, ce film de 1984 rappelle qu'un tel cauchemar est devenu réalité pendant quelques heures au Canada.
Nous sommes en 1969, à Montréal. La ville décide d'imposer aux policiers municipaux des patrouilles individuelles, décision très mal accueillie par les agents habitués à être en tandem. Le 7 Octobre au matin, 3 700 policiers se mettent en grève, suivis par 2 400 pompiers qui soutiennent leur cause. Le résultat ne se fait pas attendre : incendies, agressions en tous genres et cocktails molotov parsèment la ville canadienne, ses habitants ne craignant pas le joug de la loi tant que la grève suit son cours.
Tenant une réunion au Centre Paul-Sauvé, les policiers y organisent un journée d'étude. En leur absence, on dénombrera 460 vols, et ce triste jour se baptisé «le 7 Octobre rouge». Le Maire d'alors, Jean Drapeau, fera intervenir l'armée le 8 Octobre en s'appuyant sur la loi anti-émeute : «Quand on crée un climat d'anarchie et de chaos, l'État n'a pas le droit de faillir à ses responsabilités», dira-t-il. Suite à cela, le gouvernement menace les grévistes d'amendes et de peines de prison pouvant aller jusqu'à un an, les forçant ainsi à reprendre le travail.
C'est dans ce contexte explosif que prend racine l'intrigue de Siege. Venus rosser les rares clients d'un bar gay, un groupe d'hommes armés en profite pour abuser de l'un d'entre eux. Parvenant à prendre la fuite, un survivant se réfugie au sein d'un immeuble à quelques pâtés de maison après à une éreintante poursuite à pied. Commence alors le siège du bâtiment, les assaillants redoublant d'invention et de matériel pour déloger leurs proies avant l'aube et abattre ce témoin gênant. La nuit promet d'être longue...
Malin, le film compense un montage trop mou (alors que lumière et cadres sont souvent efficaces) par la puissance de son contexte politique. Au lieu d'être l'argument principal du film, le 7 Octobre rouge reste une toile de fond sur laquelle sont plaquées les deux véritables thèmes de cet actioner minimal : l'homophobie et la morale, salement mises dos à dos lorsque là loi n'est plus là pour nous surveiller. Proche dans l'esprit du Assaut de Carpenter, Siege donne quant à lui un visage bien humain à sa menace extérieure.
Survival urbain un peu bancal mais emballé avec style, Siege est une vraie curiosité, l'auto-défense n'y étant pas envisagée comme une solution face l'inefficacité policière mais, grâce à son contexte ancré dans le réel, comme la seule réponse possible face à l'intolérable.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Faire son boulot d'éclaireur et Sortis avant ma naissance mais découverts ou revus au cinéma
Créée
le 1 mai 2015
Critique lue 746 fois
8
104 critiques
Siege est une apologie de la bricole, des bouts de ficelle et de la résistance auto-organisée, tout en délivrant un petit message anti-flics et antifa. On suit un jeune homme dont presque aucune...
le 5 oct. 2015
6
14208 critiques
Mon dieu, quelle hideuse affiche ! On dirait la pochette d'un jeu pour PC sorti en 1995. L'histoire est sympa. C'est un peu mou, un peu maladroit par moment, mais il reste des situations bien...
le 11 oct. 2016
7
3394 critiques
Siège est l’un de ces films canadiens qui ont bâti leur réputation à l’âge d’or des vidéoclubs, lorsque certaines œuvres de genre survivaient davantage grâce au bouche-à-oreille qu’aux circuits...
le 30 avr. 2026
9
226 critiques
Ca tient à si peu de choses, en fait. Un drap qui se soulève, le bruit de pieds nus qui claquent sur le sol, une mèche de cheveux égarée sur une serviette, un haut de pyjama qui traîne, un texto...
le 4 sept. 2022
9
226 critiques
Rendre attachants les êtres détestables, faire de gangsters ultra-violents des figures tragiques qui questionnent l'humain, cela a toujours été le credo de Martin Scorsese. Loin des rues de New-York,...
le 25 déc. 2013
10
226 critiques
"M. Lisbon continuait d'essayer de la dégager, doucement, mais même dans notre ignorance nous savions que c'était sans espoir et qu'en dépit des yeux ouverts de Cécilia et de sa bouche qui ne cessait...
le 24 nov. 2013
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème