Revenons en 2006, l’année où Christophe Gans a sorti sa première adaptation de Silent Hill. Une époque où les adaptations de jeu-vidéo ne sont pas connues pour être qualitatives (en majorité). Viens alors cette fameuse année de 2006 où Gans décide d’adapter Silent Hill et qu’il y a eu des soucis avec la production avant de le faire sortir, ce qui a entraîné des séquences en plus. Mais bon, que vaut cette toute première adaptation de Silent Hill ? Franchement, c’est pas si mal. Même si on peut avoir une préférence pour des films du même genre (horreur psychologique) comme l’échelle de Jacob, ça reste une adaptation plutôt intéressante à découvrir la première fois.
Positif
- Rose Da Silva (Radha Mitchell) est une mère qui a emmené sa fille à Silent Hill afin de mieux comprendre ses cauchemars. A son réveil dans la ville, elle part directement à la recherche de sa fille et c’est son unique priorité. Elle fait assez protagoniste de jeux-vidéos qui suit les indices de tel lieu pour tel lieu puis tel lieu mais ça reste une protagoniste attachante, notamment en tant que mère et sa grande détermination.
- Sharon Da Silva (Jodelle Ferland) est la fille de Rose. Elle fait des cauchemars étranges la nuit qui la ramènent toujours au même endroit, Silent Hill. C’est une gamine assez attachante dans sa personnalité malgré qu’on la voit peu mais c’est une bonne raison pour Rose d’être déterminée à la retrouver.
- Cybill Bennett (Laurie Holden) est une policière qui poursuivait Rose pendant sa tentative de fuite pour éviter un contrôle. Il n’y a pas grand-chose à dire sur elle à part que c’est une policière droite et qu’elle ne veut pas revoir un incident comme ce qui est arrivé dans la mine par le passé, ce qui peut se comprendre. Il n’empêche qu’on aurait pas dit non pour apprendre à la connaître un peu mieux.
- Dahlia (Deborah Kara Unger) est une femme exclue qui vit seule en solitaire et est considérée comme une folle à éviter. Ce n’est pas une femme très marquante mais elle a son rôle à jouer et nous surprend quelques fois, notamment dans son obsession pour sa fille qui se fait comprendre quand on apprend la vérité.
- Le long-métrage démarre par les parents Da Silva inquiets à la recherche de leur fille Sharon. Ça se ressent surtout avec Rose qui court vite afin de la retrouver au plus vite jusqu’à la retrouver, la sauver d’une chute mortelle dans un état second et qu’elle crie (encore) le nom de Silent Hill qui intrigue les parents. Franchement, cette introduction marche bien car elle apporte déjà de l’intrigue rien qu’en entendant ces mots et ça nous donne envie d’en savoir plus sur Silent Hill et ce qui va se passer.
- Christabella (Alice Krige) est la cheffe de la secte fondée par les fondateurs de la ville. Elle perpétue la tradition en guidant ses brebis égarées vers la foi afin de se sauver des ténèbres de cette ville. Franchement, c’est une antagoniste efficace. Elle a beau arriver assez tard dans l’histoire, il faut reconnaître qu’on arrive à la craindre quand on la voit agir rien qu’en prononçant quelques mots.
- L’univers de Silent Hill est beau, mais réellement beau. On sent que l’univers a été soigné sur ses visuels et travaillé narrativement pour réussir à convaincre les spectateurs, c’est un des meilleurs points du long-métrage car on sent que Gans est fan de Silent Hill avec sa retranscription de l’univers du jeu en film.
- L’évolution qu’on retient le plus est surtout lié à Rose, les autres personnages n’ont pas réellement d’évolution. Rose est la seule à sortir différente de cette histoire et ça se ressent surtout vers la fin mais à juste titre. Malgré la vérité, l’amour d’une mère reste une grande force et une grande détermination.
- Mine de rien, il y a de quoi être assez intrigué par Silent Hill et son monde. Pourquoi ces choix de créatures ? Où est Sharon et pourquoi a t-elle disparu ? Qu’est ce que c’est que cette ville infesté de créatures lorsque le monde des ténèbres arrive ? Vraiment, l’intrigue est bien géré sur pas mal de points.
- Question inattendu, il y a de quoi être surpris. Vraiment, lors du premier visionnage, c’est intéressant de voir sur quoi Rose va tomber, qui est peut-être lié à son parcours à elle avant d’avoir Rose (simple théorie). En tout cas, il y a de quoi être surpris la première fois par certaines choses.
- La tension est réellement efficace. Peut-être est-ce du à l’attachement qu’on a envers Rose ou le fait que les créatures de cette ville sont réellement effrayantes mais la tension se fait sentir dès qu’on voit les premiers monstres de Silent Hill.
- La mise en scène est intéressante. Christophe Gans nous propose une réelle mise en scène travaillée pendant la majorité du long-métrage, notamment lors de la découverte de la ville de Silent Hill et des différentes créatures qu’on y croise.
- Les décors sont vraiment beaux. Même si on retiendra beaucoup plus ceux de Silent Hill, on sent que tous les décors du long-métrage ont été travaillés pour nous offrir des lieux convaincants, ce qui est chose faite.
- Bon, concernant les effets spéciaux, ça a un peu mal vieillis mais ça passait pour 2006. Vraiment, on peut avoir du mal aujourd’hui mais ça restait des effets spéciaux plutôt corrects pour cette année-là, non ?
- Le symbolisme a des éléments intéressants. Silent Hill pour Rose et pour Sharon, Sharon pour Dahlia et Rose, les ténèbres et leur foi pour la secte, la secte pour Alessa… Vraiment, on sent que le symbolisme a été travaillé.
- Le final a de quoi surprendre un peu tout en étant une bonne conclusion. Sans être une réelle bonne fin, c’est tout de même une fin intéressante qui marque l’évolution de Rose à travers cette histoire.
- Question jeu d’acteur, c’est majoritairement bon. La plupart des acteurs et actrices de ce long-métrage sont convaincants dans leur rôle et nous le font sentir à travers leur performance.
- Question costumes, en dehors de Dahlia, c’est plutôt convaincant. La plupart des tenues sont assez sympathiques, même si certaines paraissent simples, et arrivent à définir nos personnages.
- Les musiques sont très belles. En plus d’avoir envie de les réécouter en dehors du long-métrage, ce sont des musiques qui racontent très bien ce qui se passe à l’écran, vraiment très réussies.
Négatif
- Soyons honnêtes, le scénario n’est pas du tout mauvais, il est même assez bien écrit. Le seul vrai souci de ce scénario, c’est surtout qu’il donne l’impression d’être dans un jeu-vidéo et non pas dans un film. Ça se ressent notamment dans la structure narrative, tu te rends à tel lieu, tu trouves un item pour savoir où aller, tu y vas, puis un indice pour savoir où aller… Ce n’est pas mauvais et c’est sûrement pour rester proche de la structure narrative du jeu mais là ça fonctionne un peu moins, malheureusement.
- Christopher Da Silva (Sean Bean) est le père de Sharon. En soi, le personnage a des motivations compréhensibles de vouloir retrouver sa femme et sa fille qui sont quelque part à Silent Hill. Cependant, on se rend rapidement compte que son personnage était dispensable. Et le pire, c’est que ses recherches n’aboutissent à rien au final, donc on aurait vraiment pu se passer de ses séquences.
- Tous les moments dans le monde réel à partir du moment où Rose arrive à Silent Hill sont inutiles. Ce n’est pas pour être médisant mais ces séquences du mari qui cherche sa femme à tout prix, il a des motivations mais c’était dispensable à voir pour nous. Sauf, peut-être, le moment dans l’école où on a les deux mondes montrés mais les deux ne se voient jamais.
- Autant Dahlia est un personnage qui se tient dans le scénario, autant son look donne l’impression qu’ils ont eu des soucis pour se décider pour lui donner un costume et un maquillage convaincant. Après, ça reste un personnage intéressant quand on apprend la vérité sur elle.
- Vu qu’on a des séquences inutiles dans le monde réel, ça casse un peu le rythme du long-métrage. Les parties dans Silent Hill sont vraiment bien gérées, même dans le rythme, mais les parties dans le monde réel ralentissent le rythme et nous font un peu décrocher.
- Question émotion, ce n’est pas si touchant. Alors oui, on est choqué par deux trois révélations importantes mais on est jamais touché personnellement par ce que traverse Rose et ce qu’elle voit dans ce monde.
- Était-ce réellement nécessaire de conclure le long-métrage par un plan d’un buisson ? C’est un détail mais c’est un plan légèrement étrange pour conclure alors que la fin en elle-même fonctionne bien.
!!! PARTIE SPOIL !!!
Donc, si on a bien compris, Alessa était la fille de Dahlia qui faisait partie de la secte. Avec les nombreuses moqueries et harcèlements de ses camarades de classe, Dahlia a accepté de faire confiance à la secte (notamment Christabella) pour essayer de les aider. Manque de chance, pensant que c’était une sorcière, ils ont brûlé Alessa et Dahlia a été bannie de leur groupe. Aujourd’hui, Dahlia vit en solitude à Silent Hill en essayant de faire voir la vérité sur la secte mais se fait huer en permanence par celle-ci. La secte, elle, continue de survivre avec Christabella a leur tête et sont protégés par les ténèbres dans l’église. Alessa qui est au cœur des ténèbres attend de réussir à entrer afin de pouvoir se venger d’eux, ce qui arrivera grâce à Rose qui lui aura permis d’y accéder. Mention spéciale à Christabella qui se fait pénétrée par des fils barbelés et découpée en deux, c’est une mort méritée après tout ce qu’elle a fait au « nom de la foi » (enfin, chasse aux sorcières depuis ses origines plutôt). En vrai, quand on y réfléchit, ça a réellement du sens.
A la fin, Rose et Sharon retournent chez elles mais elles restent toujours coincé dans cet autre dimension, comme la face cachée d’une même pièce. C’est à la fois triste car elles ne sont pas sorties de là mais également intéressant car elles retournent quand même chez elles, dans leur refuge malgré le monde où elles sont. Espérons seulement que les ténèbres ne se limitent qu’à Silent Hill et pas plus loin.
Pour ceux qui n’auraient pas suivi, Rose voulait se rendre à Silent Hill malgré les dangers afin de pouvoir aider sa fille adoptive et comprendre ses crises en allant au lieu qu’elle mentionne. Franchement, le long-métrage témoigne en permanence que l’amour d’une mère est plus puissant que tout ce qu’on pourrait croire.
Sharon est en vérité le coté bienveillant d’Alessa réincarné, là où l’autre fille plus machiavélique qui agit pour elle est plus le coté maléfique. La meilleure partie d’Alessa a été réincarnée et sauvée en la faisant partir de Silent Hill. En apprenant les origines des personnages, on se rend compte que ça a du sens.
Il y a peu de morts dans le long-métrage, seulement Cybil qui se fera brûler par la secte après qu’elle ait aidé Rose à descendre puis la secte en elle-même et tous ses membres, même si ce n’est pas dramatique.
Au final, Silent Hill est une adaptation particulière du jeu mais pas inintéressante. Franchement, on sent que Christophe Gans est un fasciné du jeu et qu’il a fait au mieux pour retranscrire son amour à travers son film. On a une mise en scène réussie, une protagoniste intéressante et avec des bonnes motivations, un univers intéressant avec des créatures vraiment menaçantes, une tension qui fonctionne et un jeu d’acteur (majoritairement) travaillé. Après, il est vrai que le coté jeu-vidéo du scénario peut poser problème, que ça manque d’émotion et que toutes les séquences avec Sean Bean étaient dispensables, tout comme son personnage d’ailleurs. Malgré ses défauts, cette adaptation de Silent Hill reste intéressante à découvrir et les fans du jeu seront conquis par l’aspect visuel apporté (même si ça a un peu mal vieilli aujourd’hui).
Etrangement , je suis assez surpris de ma note car je voulais lui mettre 6 à la base, comme quoi, on est pas à l'abri d'une surprise.