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le 30 juin 2020
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Le cinéma de science-fiction de la fin des années 1960 et du début des années 1970 est un cinéma grave, presque méditatif. Une science-fiction qui interroge moins les prouesses technologiques que le devenir de l’humanité face à son propre futur. Les films de cette époque regardent l’homme avec inquiétude, parfois avec mélancolie. Silent Running
, premier long métrage de Douglas Trumbull, s’inscrit pleinement dans ce courant. Le récit se déroule à bord d’un vaisseau spatial où quelques hommes vivent entourés de robots. Lowell, incarné par Bruce Dern, est chargé de préserver une immense serre végétale, ultime fragment d’une nature disparue. Là où ses compagnons ne voient qu’un amas inutile de verdure, lui contemple un véritable jardin d’Éden. Les autres préfèrent la nourriture industrielle et le confort mécanique à tout lien organique avec le vivant. Lorsque la hiérarchie ordonne la destruction des serres afin de permettre le retour sur Terre, Lowell choisit la rébellion.
Souvent qualifié de film de science-fiction écologique, Silent Running mérite effectivement cette réputation. Mais réduire le film à un simple manifeste vert serait injuste. Trumbull y construit surtout une fable profondément désespérée sur une humanité qui, à force de dépendre de la technologie, a perdu jusqu’au sens du réel. Les hommes y ressemblent à des enfants sauvages, déconnectés du monde vivant. Seul Lowell, silhouette de rêveur hippie perdu dans un univers métallique, semble encore comprendre ce qui est en train de disparaître.
Toute l’ambiguïté du film réside alors dans son paradoxe : pour sauver un fragment de vie, Lowell doit recourir à la violence. Sous ses allures futuristes, Silent Running reste traversé par les fantômes du western américain : un homme seul face à la civilisation, défendant son territoire contre une société devenue aveugle. Bruce Dern
livre une performance remarquable, à la fois fragile, inquiétante et profondément humaine. Son personnage oscille sans cesse entre la sagesse et la folie, comme si la lucidité absolue condamnait nécessairement à l’isolement.
Visuellement, le film ne dispose pas des moyens des grandes productions de son époque, mais cette modestie participe aussi à son charme. Les effets spéciaux, artisanaux mais inventifs, possèdent une texture tangible que beaucoup de blockbusters numériques ont perdue depuis longtemps. On sent encore la fabrication humaine derrière chaque image.
Quelques années plus tard, l’arrivée de Star War allait bouleverser le paysage de la science-fiction au cinéma. Le genre deviendrait plus spectaculaire, plus ludique, plus orienté vers le divertissement. Silent Running apparaît alors rétrospectivement comme l’un des derniers représentants d’une science-fiction adulte, inquiète et profondément politique.
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