Il est évident que le cinéma est un objet politique. La principale surprise du film Simple comme Sylvain est que de la comédie romantique potache ressort un sous-texte politique sur les classes sociales. L’amour est-il la solution pour réconcilier les classes sociales ? Sommes-nous conditionnés à aimer uniquement des personnes de notre propre classe ? Voilà ce qu’essaye d’explorer le film…
La réalisatrice fait le portrait d’une professeure en philosophie entretenant une relation platonique avec son fiancé. Les contraceptifs et jouets sexuels sont ici troqués contre quelques livres de philosophie. Mais, nous le savons tous, l’amour cérébral et purement intellectuel ne peut satisfaire nos pulsions sexuelles les plus profondes… Sophia, soit “l’amour” en grec, expérimentera donc l’adultère et explorera l’amour sous ses différentes conceptions philosophiques tel que l’on décrit Aristote et Platon.
S’il est plutôt plaisant de voir une comédie romantique politique, il est assez frustrant de voir la manière dont le film évolue. Il est attristant de voir que les intentions du personnage principale envers notre cher Sylvain resteront d’ordre sexuel. Cette figure du québécois traditionnel qui fait très bien l’amour permettra à la réalisatrice de délivrer au passage quelques clichés du genre : “les esprits littéraires sont moins bons au lit”.
De plus, Le sous-texte politique est confus et vire souvent à la caricature des classes sociales. Ce qu’on croyait être de l’ironie finit par devenir la vérité de la réalisatrice lorsqu’au bout de 2 heures cette dernière ne change pas de point de vue sur ses personnages. En effet, la plus grosse erreur du film est de ne jamais nous faire épouser le point de vue de Sylvain. Il restera la figure du bouseux, du simple d’esprit,...
La photographie et le travail sur les lumières, bien que très soigné, ne réussiront pas à rattraper les défauts de fond du film…