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Sinners – même le titre semble hésiter entre confession et happening tribal.
Imaginez un western fiévreux sous ayahuasca, une messe vaudoue dirigée par un musicien habité, au cœur d’un sud des États-Unis où les spectres ont le blues et les prêtres des flingues. Trois notes, un péché, une chute.
Ryan Coogler, lui, a mis le feu au confessionnal. Le gars déballe tout : racisme systémique, fanatisme biblique, trauma générationnel, guitare slide et démons. Et pourtant, il oublie parfois qu’un bon film n’est pas une dissertation filmée sur fond de fièvre jaune. Sa mise en scène claque, oui. Mais à force de trop vouloir dire, ça finit par bégayer. C’est comme si John Coltrane s’invitait à une veillée funèbre pour jouer du Bach : fascinant, mais parfois… dissonant.
Michael B. Jordan joue les jumeaux Stack et Smoke. Deux faces d’un même remords. L’un tendu comme une corde de violon, l’autre en roue libre, regard fuyant, larmes rentrées. Il cabotine un poil, mais sa dualité fonctionne. Hailee Steinfeld, elle, apporte un équilibre étrange à ce délire mystique : sa Mary n’est ni sainte ni sorcière, juste paumée dans une parabole sous LSD.
Des spectateurs ont crié au chef-d'œuvre spirituel, d'autres ont vu une soupe baroque avec une playlist Spotify diabolique. Moi ? J’ai oscilllé. Fasciné par la rage du propos, agacé par le trop-plein. À force de crier au feu sacré, le film oublie parfois d’émouvoir. C’est beau, ça brûle, mais ça éclaire peu.
Un truc est sûr : vous n’oublierez pas Sinners. Ni ses visions, ni ses excès. Ni ce goût étrange en bouche, entre vin de messe frelaté et prêche psychédélique.