Bien belles paroles que celles-ci, lorsque le jeune Sammie les chantonnent pour la première fois en compagnie de son "charismatique" duo de cousins quelques minutes après le démarrage de la séance.
A ce moment là du film, tout est encore possible. La photographie est plutôt dans la moyenne haute des productions récentes, Michael B. Jordan cabotine dès qu'il apparait à l'écran, mais allez, sur le moment, on n'y fait pas trop attention parce qu'on aime bien ce petit air de blues qui nous amadoue les tympans, et puis, surtout, on a hâte de voir de quel bois on va se chauffer !
Et Dieu sait qu'il va en falloir du bois, parce que sur 137 minutes, il ne faut pas loin d'une heure pour qu'on commence enfin à avoir un peu de quoi se mettre sous la dent.
Et là, c'est paaaarrrrt... Ah bah non.
Le film se prend définitivement les pieds dans ce qu'on pressent assez rapidement : il est tout et rien à la fois. A vouloir mélanger les genres et se donner des airs de, on ne sait jamais sur quel pied danser... Et on finit par ne plus danser du tout.
Ça part dans tous les sens et rien n'est jamais assumé et exploité pleinement.
S'en ressent alors un réel manque de cohésion, qui nous donne un ensemble poussif, peu inspiré et qui ne trouvera malheureusement jamais son rythme.
Un comble pour film sur fond de musique blues.
Et voilà donc la seule bonne note du film : sa bande originale.
Non pas qu'elle soit exceptionnelle, faut pas déconner, mais elle permettra la mise en place du seul moment véritablement inspiré (voire... inspirant) du film... Qui retombera comme un soufflé quelques secondes plus tard, sans ne plus jamais réussir à reprendre ensuite, se contentant de dérouler la fin de cette indigeste partition en allant jusqu'à rajouter une longue scène post-générique qui n'apportera qu'une boursoufflure de plus à un film qui n'en comptait que trop.
Ce qui est dingue, c'est que l'idée même d'un crossover entre Robert Johnson (ce bluesman dont la légende raconte qu'il a pactisé avec le diable en échange de son talent) et "Une nuit en enfer" peut être géniale ! Tellement de possibilités pour ne rien en faire... Quel gâchis.
Comme dirait Dewey "Je ne m'attendais à rien mais je suis quand même déçu !".
J'ose espérer que ça donnera au moins l'idée à quelqu'un d'en faire quelque chose ^ ^'
Mais finalement, ce qui me dérange le plus avec ce film, ce n'est même pas qu'il soit mauvais.
Non, ce qui me dérange le plus avec ce film, c'est qu'aujourd'hui, nous sommes tellement conditionnés à regarder des merdes produites et formatées par/pour Netflix, Amazon & co, que des trucs aussi mauvais peuvent se permettre d'atteindre des moyennes de quasi 7, juste parce qu'ils sont un chouille différent des codes habituels des productions sus-citées.
Et ça... C'est triste.