Pour moi, le vrai personnage principal de SINNER, c’est la musique.
Elle guide le film, elle lui donne son rythme et sa couleur. L’amour du blues et ce qu’il symbolise dans l’histoire sont au cœur du récit, presque plus que les protagonistes eux-mêmes.
La photographie est soignée, et l’ensemble dégage une intensité certaine. La montée en puissance fonctionne bien, et les trente dernières minutes, très denses, tiennent en haleine. On sent une vraie intention, une proposition originale.
Mais le film souffre aussi de longueurs, de latences qui cassent parfois le rythme, et surtout d’un moment de bascule un peu précipité, presque bâclé. On reste un peu sur sa faim, comme si le scénario n’allait pas au bout de ce qu’il promettait.
C’est un bon film, intéressant et singulier, mais pas un chef-d’œuvre. Un solide 7, qui se regarde avec plaisir, mais qui laisse le sentiment qu’il aurait pu aller plus loin.