Sinners
Date de sortie :2025
Date de déroulement : 1932
Voici donc le film aux multiples Oscars, dont celui du meilleur acteur. Le niveau des films récompensés a bien baissé. Car clairement, ce film, bien qu’il soit bon, n’est vraiment pas un chef-d’œuvre. Et même si Michael B. Jordan fait bien le travail, il n’est pas non plus exceptionnel. Limite, je préfère la performance de Tom Hardy dans le même genre, qui avait lui aussi interprété des jumeaux dans le film mafieux Legend...
Mais si les Oscars, c’est du grand n’importe quoi et qu’ils ont sur-récompensé ce film pour mettre en avant la diversité, le film reste plutôt un très bon film. C’est propre, avec une belle réalisation, de la couleur (ce qui se perd à Hollywood), et quelques moments vraiment magiques. Ça a le mérite d’innover un peu côté scénario et de sortir du lot à côté des navets à la chaîne qu’on se paie.
J’ai vu des critiques comme quoi tous les méchants sont blancs, etc. En même temps, on est à une époque où une communauté a subi l’esclavage, du racisme, et où les Blancs, au mieux, toléraient à peine leur présence, au pire les chassaient. Alors c’est un peu normal que les Blancs soient dépeints comme les ennemis. Dans ce contexte, à cette époque, à cet endroit, en suivant ces personnages, c’est plus que justifié.
Alors, doté d’une bande-son et d’un rythme musical d’une grande qualité, ainsi que d’une variété qui se marie étonnamment bien entre elle, on est toujours accroché à l’écran sans s’ennuyer. Un film avec du rythme, qui nous emporte dans tous ces styles.
Les scènes avec les vampires, le côté horreur, sont vraiment bien réussis, notamment le travail sur les yeux dans le noir. Une ambiance glauque et pourtant assez captivante se dégage sur les moments plus sombres. Le film est généreux, il donne des personnages travaillés, il prend le temps de se mettre en place, de soigner ses plans, d’offrir de l’ambiance aux spectateurs. Tant de qualités indéniables.
Mais alors pourquoi je suis sur la réserve ? Pourquoi ne m’a-t-il pas emporté tant que ça ? Pour commencer, si la première partie prend bien son temps, la deuxième (au moment où les vampires débarquent) est bien trop vite expédiée. Il y a beaucoup d’incohérences ou de facilités scénaristiques dans les impasses.
À trois moments, les vampires sont entrés mais ressortent en courant pour des causes douteuses. La première, c’est Marie qui s’enfuit en criant qu’ils vont s’amuser avec eux. La deuxième, c’est quand on jette de l’ail sur un vampire. Et la troisième, c’est quand il tue sa femme, qui va se transformer en vampire, avec le pieu. Tout ça pour dire qu’à trois reprises, ça fait fuir les vampires de manière un peu facile.
Les scènes d’action sont un peu mal fichues. Surtout celle où les vampires rentrent enfin en horde pour attaquer les quelques survivants. Le nombre de vampires et les situations de chacun des protagonistes ne sont pas vraiment bien retransmis. On voit qu’ils ne savaient pas comment gérer le combat pour le faire durer un peu. Car, au vu du nombre de vampires, ils seraient immédiatement dépassés. Or, lors du combat, sur les plans rapprochés, de façon inexplicable, il y a beaucoup moins de vampires.
Je passe aussi sur le passage où la musique du futur s’invite et se marie avec les anciens styles. Pas mon délire, un peu ridicule. Heureusement, c’est léger et la scène dure peu.
Ça reste un divertissement efficace, avec un nombre de qualités bien supérieur à ses défauts. Et même si, des fois, certaines scènes vraiment bien faites auraient gagné à être poussées quelques secondes de plus à l’écran, on ne boude pas notre plaisir.
Marier l’horreur, le vampire, avec du son, de l’ambiance musicale captivante, et rythmer le film avec, est peut-être la vraie prouesse du film.