1 heure. C'est le temps qu'il m'aura fallu pour comprendre que Michael B. Jordan jouait les deux frères jumeaux dans Sinners.
Parce que, soyons bien clairs, l'unique raison pour laquelle j'ai regardé Sinners, c'est pour l'Oscar du meilleur acteur !
Alors, par quoi commencer ? Peut-être le marketing du film ? Vendre Sinners comme un film d'horreur, c'est un peu comme vendre Marty Supreme comme étant un film sur le ping-pong.
L'idée de Sinners, c'est donc de convoquer la figure des vampires dans une Amérique en plein changement et gangrenée par le racisme et l'apartheid. L'idée est séduisante et promet de jolis parallèles, mais avant de voir la trogne d'un vampire, il va falloir vous armer de patience !
Sinners, disons-le, c'est un peu (beaucoup) long dans sa mise en place. Ryan Coogler veut prendre son temps, poser ses personnages, créer de la backstory à tout bout de champ, délaissant inévitablement l'aspect un peu plus "vampiresque".
Je comprends bien que, derrière tout ça, ce qui intéresse le réalisateur, c'est plutôt la culture afro-américaine, son lien avec la musique populaire et les légendes que l'on se transmet de génération en génération. Ok...
Mais que viennent faire les vampires ici ? On sent que le communautarisme est un sujet qui intéresse Ryan Coogler, mais dont il a du mal à se dépêtrer.
En fait, c'est un peu le large problème de Sinners, il me semble. Beaucoup de sujets ont leur place dans le film, mais ne sont traités qu'en surface ! Le réalisateur se perd entre théorie et pratique dans ce blockbuster qui n'en est pas vraiment un... L'attente de la scène finale est si grande que la déception l'est encore plus : encore un tir manqué !
Notons cependant deux choses positives :
La musique, indéniablement excellente, permet au film de ne pas nous faire sombrer dans l'ennui, et cette scène de danse de milieu de film (ponctuée d'un effet de format d'image signifiant lors de la première apparition, et complètement obsolète dès qu'on le retrouve !).
En bref, Sinners, c'est un divertissement qui manque de beaucoup de choses, et dans lequel Michael B. Jordan a sûrement été récompensé parce qu'il jouait deux rôles différents ? Je ne suis pas particulièrement convaincu (même si l'on peut se réjouir de voir aujourd'hui de plus en plus d'acteurs et d'actrices racisés au cœur de ces cérémonies).