Leïla Balani est une élève policière extrêmement brillante qui a avalé tous les codes de procédure.Hélas elle est nulle sur le terrain,où elle se montre trouillarde et empotée.Son formateur lui donne une ultime chance d'être engagée en lui imposant une période probatoire en situation réelle.La voilà donc nommée au commissariat de Nice,où elle devient la coéquipière d'Alison Flesh,qui est son exacte antithèse.La fille est une cowgirl excitée qui fonce dans le tas et ne respecte aucune règle.Bien sûr les deux nanas vont mutuellement s'apporter ce qui leur manque.Ah les films de plateformes,quelle plaie!Celui-ci est estampillé Prime Video,et donc produit par Amazon,ainsi que par la Mandarin Production des frères Altmayer.Prime,c'est encore en-dessous de Netflix,mais il y a pire dans le genre.Et puis il faudrait en être sûr mais ces immortelles oeuvres ne semblent pas bénéficier d'argent public,ce qui les rend immédiatement plus sympathiques,d'autant que si c'est nul on doit cependant constater que c'est à peu près du même niveau que ce qui sort en salles.Ca se présente sous la forme d'une comédie policière,mais attention c'est une polcom féministe,ce qui change tout.C'est même un buddy movie,voire un boobsy movie.C'est donc écrit,réalisé et joué par des femmes,ce qui fait peur dit comme ça mais rassurez-vous ça va bien se passer.Adeline Picault shoote ici son second long-métrage,quatre ans après l'inoubliable "T'as pécho?",grandiose étude de moeurs en milieu adolescent prépubère.Elle a coscénarisé ça avec une bonne copine nommée Carine Prévot,mais comme elles n'y arrivaient pas bien,on ne se demande pas pourquoi,elles ont fait appel à un mec pour finaliser le désastre.Funeste erreur,c'est Stéphane Kazandjian qui est venu faire le script doctor et ça,ce n'est jamais une bonne idée.Le gars est un as du salopage de script,souvenons-nous que c'est lui qui prêtait main-forte à Anne Le Ny sur "La monnaie de leur pièce",et il parait vouloir ravir à Laurent Turner le titre convoité de scénariste le plus merdique du cinéma français.C'est d'ailleurs bien parti car il nous fait ici une brillante démonstration de son talent inégalable pour envoyer de l'histoire toute claquée.C'est une comédie,mais ça ne fait jamais rire,un concept désormais très répandu.C'est du polar,mais l'intrigue n'a pas la moindre énergie ni le moindre intérêt,il ne manquerait plus que ça.C'est féministe,mais ça s'embourbe dans une pitoyable caricature de deux grognasses aux antipodes l'une de l'autre.Flesh est une débile majuscule qui se trimballe en permanence avec un short de cagole,roule comme une dingue,braille comme une truie et rudoie les suspects avec les petits bras d'Alice Pol-icière,on y croit à mort.Balani est plus supportable,c'est l'élément modérateur,la good copette du tandem,qui s'accroche aux procédures et relève les détails scientifiques.Elle entame en outre une romance avec Céline,médecin-légiste de son état et lesbienne proclamée,la propagande woke est obligatoire et Leïla coche pas mal de cases à elle seule,femme,grosse,arabe et homo,c'est une synthèse.Evidemment il y a du trauma dans l'air.L'ancien coéquipier de Flesh a été tué en service,on se croirait dans "Dirty Harry",elle est séparée de son mari avocat,mais qui voudrait rester avec une pareille radasse,elle s'occupe mal de son gamin qui se fait bolosser par les terreurs de la cour de récré,elle erre de coups d'un soir en cuites sévères et s'est mise à dos ses collègues flics.La police,quoi.Leïla quant à elle a perdu sa maman écrasée par un chauffard resté anonyme,et elle a la phobie des armes,de l'eau et de la dépense physique,il faut dire qu'elle pèse à vue de nez 90 kilos,et elle n'a pas baisé depuis quatre ans,détail qu'on nous livre sans ambage.Elles doivent enquêter sur une série de meurtres frappant des hommes qu'ils sont pas gentils avec les femmes,carrément brutaux même,style violeurs,tabasseurs et autres mascus toxiques.Ah,si on pouvait éradiquer la gent masculine de la surface de la Terre,ça irait beaucoup mieux,on resterait entre soeurs solidaires à se gougnoter le pistil,ce serait le Paradis.Jusqu'à ce qu'il y ait un truc lourd à porter,comme on dit.Alice Pol a le chic pour se retrouver dans des machins pas possibles,on se demande si elle choisit ses rôles ou si on ne lui propose que des merdes,en tout cas elle les attire.En plus,elle surjoue comme une cochonne en rut et sa performance hystéro aggrave sérieusement le cas d'un film déjà mal barré.L'inconnue algérienne Shirine Boutella s'en tire nettement mieux dans l'emploi du clown blanc,nonobstant une plastique esthétiquement défaillante qui mériterait bien un petit régime.Quoi?Ah oui,c'est une réflexion macho,enfin macha,et c'est pas bien du tout.Je retire ces propos,veuillez ne pas en tenir compte mesdames les jurées.Natacha Lindinger est décidément plus à l'aise à la télé qu'au cinéma,et elle peine à exister en légiste ironique.Ramzy Bedia nous fait un grand numéro en commissaire totalement allumé plus préoccupé par ses séances de sport que par les affaires en cours,secondé par le jeune Jérémy Gillet,amusant en stagiaire qui lui sert de sparring-partner malgré lui.Le gamin Aliocha Bazin,qui incarne Flesh junior,joue faux comme c'est pas permis,et quelques vieux cadres de la fiction hexagonale passent en vitesse,histoire de palper de la monnaie sans trop se fatiguer.Il y a Serge Hazanavicius et Cédric Appietto en victimes qui ont bien mérité ce qui leur arrive,Hubert Delattre en flic gros beauf misogyne,mais c'est Medi Sadoun qui décroche la palme avec environ cinq secondes de présence à l'écran dans le rôle du père de Balani.C'est quoi,ça?Il était en vacances dans le coin et il est venu dire bonjour aux copains sur le tournage?Il a vraiment été payé pour cette fantomatique apparition?Il est probable que ça restera une des grandes énigmes du cinéma.