Six destins par Alligator
Comme tout bon film à scketchs qui se respecte, y a du bon, du moins bon et du bof-bof (hmm... quelle belle langue que v'la!).
Le premier lance le pauvre Charles Boyer dans les griffes de Rita Hayworth. La chair est faible. Le coeur tout autant. Ce pauvre hère nous fournit là un joli numéro, cabotin et néanmoins charmeur.
Le second présente la rencontre merveilleuse entre la séduisante Ginger Rogers au visage d'ange se reflétant dans les yeux noirs&bleus d'Henry Fonda. Cette naissance de couple est d'une beauté ravissante, le jeu des comédiens excelle à rendre magique cette rencontre, pleine de tendresse et de délicatesse. Un numéro de haute voltige où les corps, les yeux et les bouches se lancent dans une danse d'amour rarement égalée : quelle admirable mise en scène de Duvivier!
Le troisième segment, comme ils diiiisent, permet à Laughton de nous offrir une composition de première main, avec ce qu'il faut de faiblesse et de maladresse pour nous émouvoir. Le scketch en lui même ne ménage pas ses effets et manque peut-être de finesse dans sa conclusion, qui reste tout de même émouvante.
Le quatrième offre au monstrueux Edward G. Robinson de plaider le désespoir, la honte et l'orgueil avec une éloquence qui clouerait le bec à plus d'un. Peut-être la séquence la plus grave de tout le film, la plus intense avec le duo Rogers/Fonda. J'ai pris un rare panard avec ce gaillard. Robinson-extasy.
Le cinquième s'aventure en terre burlesque et joue du pif énoooorme de WC Fields, son phrasé, son oeil polisson et alcoolisé. La gentillesse, la bonhommie de cette histoire m'a presque lassé au bout d'un moment... la magie est passée.
Définitivement avec le mystique dernier épisode, sorte d'ovni, difficile à identifier en effet... que dire sinon que j'en attendais la fin avec hâte.
Forcément inégal, ce film par deux fois m'a transporté sur des sommets de luxure cinéphilique, pour ces deux moments d'éternité, je l'en remercie encore et encore.