Remake d’un film coréen intitulé Mong-ta-joo (Jeong Keun-seob) sorti en 2013, Six Jours assombrit quelque peu la photographie et condense une intrigue sinon identique, emprunte séquences et images à son prédécesseur au point de rendre son appréciation critique difficile. Il dialogue également avec la magnifique Roubaix, une lumière (Arnaud Desplechin, 2019), auquel il substitue Roschdy Zem par son compagnon d’armes issu d’Indigènes (Rachid Bouchared, 2006), Sami Bouajila. Le résultat est, par définition, impersonnel et esthétise à outrance chacun de ses plans dans l’idée d’intensifier des scènes qui n’ont sinon le temps d’advenir à l’écran : le rythme voulu haletant est synonyme de confusion, inutilement complexifié par des sauts dans le temps augmentés d’indications de dates auxquelles on finit par ne plus rien comprendre. La première partie, consacrée aux six jours évoqués par le titre, s’avère épouvantable tant par l’illisibilité de son récit que par la facticité des relations humaines ; la suite, entrelacs de deux enquêtes qui semblent se répéter, intéresse davantage en ce qu’elle évoque la nature même du long métrage, plagiat conçu comme piège pour le plagiaire. Il faudra passer sur les nombreuses incohérences pour apprécier cette production dont l’intelligence, empruntée rappelons-le, demeure de l’ordre du scénario entendu comme un ensemble de ficelles fictionnelles n’ayant aucune signifiance dans notre réalité.