Un réalisateur américain d’origine espagnole qui réalise le remake d’un film coréen avec un acteur maghrébin et la femme d’un ancien Président de la République comme comédien principaux avec une action qui se situe dans le Nord de la France... La fiche technique de ce « Six jours » n’est pas classique et cela le rend intrigant. Le film réadapté en question est un thriller de 2013 intitulé « Montage » et inédit des deux côtés de l’Atlantique, on ne jouera donc pas au jeu des comparaisons. La première séquence nous apparaît aussi prometteuse que trouble mais elle lance particulièrement bien le film, avec un aspect sombre et nihiliste prometteur.
Malheureusement, Juan Carlos Medina (auteur de l’excellent « Insensibles » il y a plus d’une décennie, son premier film, puis de pas grand-chose d’intéressant depuis) déçoit pour la suite. On ne peut nier que l’emballage est de toute beauté, avec une mise en scène soignée et classe dont deux belles séquences de foule. Celle avec les parapluies est magnifique mais apparaît comme un coup d’esbrouffe tape-à-l’œil tant son réalisme laisse à désirer. Cette valse de parapluie et de gens habillés en noir en masse compacte sous une pluie battante est peu crédible. Et si ce manque de crédibilité ne gêne pas le récit dans ce contexte puisque c’est juste visuel, « Six jours » contient malgré tout beaucoup d’autres incohérences bien plus gênantes.
Par exemple, à l’issue de la séquence citée précédemment, l’un des personnages trouve de manière totalement improbable un indice déterminant pour la suite de l’intrigue. Mais que ledit objet soit resté là et que le personnage pense à retourner à cet endroit n’a pas vraiment de sens. Idem pour le retournement de situation final et la manière dont le policier va permettre la résolution de l’intrigue, ce n’est guère vraisemblable et bien trop simple. Des facilités et des invraisemblances, ce film policier en compte beaucoup trop pour permettre au spectateur de totalement adhérer. Et l’histoire en elle-même est bien trop tarabiscotée quand on y regarde de plus près.
Ce n’est donc pas sur le versant narratif que ce film va nous conquérir. Et, comme le visuel grisâtre et la tentative de recréer une ambiance poisseuse semblent calqués sur des dizaines de polars du genre américains, sud-coréens mais que le rythme est en plus assez chaotique, on peut aisément dire que « Six jours » ne brille pas par sa réussite sur bien des points. On retiendra néanmoins les décors du Nord de la France assez bien exploités, un Sami Bouajila investi et convaincant (bien plus que Julie Gayet) tout comme des seconds rôles peu creusés mais solides et une intrigue qui se suit tout de même sans déplaisir. On est cependant loin d’être devant le polar de l’année.
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