Zsófi est une jeune fille hongroise d'aujourd'hui, confrontée à une grossesse non désirée, athlète de haut niveau aux grandes ambitions. Si son enfant est adopté à la naissance, elle n'a ensuite que six semaines à sa disposition pour se rétracter. Presque toujours à l'image, avec un air buté dont elle ne se départit jamais, Zsófi laisse peu à peu le doute s'installer dans sa tête, comme c'était prévisible. Pas plus surprenants sont les choix narratifs de la cinéaste, Noémi Veronika Szakonyi. La mère célibataire de la jeune femme enceinte est irresponsable et boit plus que de raison, incapable d'assurer l'essentiel dans un foyer où vit également une fille cadette ; les hommes sont soit absents, soit minables ; le couple qui cherche à adopter est bon chic bon genre, etc. On est au bord des clichés en permanence, voire en plein dedans, et les situations sont elles-aussi attendues, y compris dans la concurrence qui s'installe dans le club sportif de Zsófi, du fait de son absence avant l'accouchement. Tout cela n'a pas été montré déjà précisément mais a tout de même un sérieux air de déjà vu, notamment dans des films de l'Europe de l'Est. Mais l'élément le plus prégnant du film est le peu d'empathie accordée à son héroïne car même sans émettre un véritable jugement sur ses actes et ses décisions, elle apparait continuellement comme un petit soldat individualiste qui ne peut que susciter une certaine forme d'indifférence, et même de rejet, alors qu'elle devrait capter toute notre compréhension et susciter de l'émotion.

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le 11 nov. 2022

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