Alors, alors, alors, avant de cracher mon venin, j'admets que Le Sixième Sens reste un bon film qui a de bonnes idées de mise en scène. Shyamalan sait gérer sa caméra pour transmettre une émotion mélancolique, notamment grâce à ses silences, son espace, et son placement de caméra. On sent que pas mal de plans sont réfléchis pour coller à ce que la scène veut nous transmettre. Donc ok c'est cool, c'est très maîtrisé.
Mais en fait juste, c'est quoi ce twist ? C'est complètement con je suis désolé. On le sent venir à des kilomètres. Genre à la seconde où le prologue se termine, tu le vois arriver. Alors peut-être que le public de l'époque était moins adepte des codes et qu'ayant déjà vu des films similaires je suis biaisé, mais j'ai deviné dès le début. Sans doute que je souffre de l'anachronisme de ce procédé, mais bon c'est le jeu.
Puis le problème c'est que c'est parfois trop larmoyant. Autant la performance de Toni Collette est top, mais pour certaines scènes, pleurer à l'écran ne suffit toujours pas pour combler un manque de complexité émotionnel.
En plus, je ne veux pas dire, mais The Others, qui est sorti 2 ou 3 ans après, racontait plus ou moins les mêmes thématiques avec le même genre de twist, mais c'était tellement mieux fait. C'est sans doute Sixième Sens qui l'a inspiré, mais l'espagnol l'as repris en plus subtil, moins tire-larme, et tout en nous baladant sur le véritable twist. Donc on était vraiment surpris. Là, je suis désolé, c'est un peu plus faiblard.
Alors heureusement que Le Sixième Sens reste bon film qui ne repose pas que sur son twist. Il arrive à poser une bonne ambiance mélancolique traitant de thématiques intéressantes sur le deuil. Et même si Shyamalan s'amuse à faire l'intello prétentieux à deux balles, j'admets que c'est un film prenant et bien maîtrisé, bien que pas mal attendu.