Comme je le fais de temps à autre, voici deux critiques : la première rédigée à sa sortie en 2012, la seconde lors de son revisionnage en 2020 (et ce pour une note inchangée!).


1ère critique (2012) :


J'en sortirais presque frustré de « Skyfall » ! La raison est simple : j'avoue avoir légèrement décroché de l'intrigue au moment où notre cher 007 se retrouve dans sa maison natale en Ecosse, où le rythme et le développement est quand même assez bizarre. Même le grand Javier Bardem, méchant jusque-là impérial et fascinant, semble sacrifié au nom d'une logique quel seul le réalisateur semble comprendre.


Toutefois, si j'ai décidé de commencer par cette fin, c'est aussi pour me consacrer aux nombreuses qualités de cette 23ème aventure de James Bond, incontestablement une des belles réussites de la saga (surtout après le très moyen « Quantum of Solace »). Mendes a en effet trouvé le juste équilibre entre retour aux origines (notamment à travers l'humour) et modernisation du propos, le contexte anglais actuel étant développé soigneusement, tout comme celui des nouvelles données informatiques. Du coup, nous avons à la fois cette plaisante impression d' « old school » et de contemporain, le tout dans une ambiance particulièrement réussie et un univers visuel aussi ambitieux que séduisant.


Je ne me suis d'ailleurs pas ennuyé une seconde jusqu'à ce fameux dernier tiers, prenant même un plaisir extrême à suivre ces aventures trépidantes au scénario costaud, entrecoupées bien sûr de scènes d'action souvent dantesques, à l'image d'une introduction qui dépote, sans oublier un générique et une chanson ayant toutes les chances de rester dans la mémoire des fans... Bref, même si nous sommes passés très proches d'un très grand crû Bondien, ne vous y trompez pas : « Skyfall » reste un divertissement haut de gamme, souvent passionnant, drôle et même parfois émouvant : une réussite.


Seconde critique (2020) :


Martin Campbell avait frappé très fort pour la première de Daniel Craig sous le costume, nous étions nettement descendus en gamme avec Marc Forster (malgré quelques qualités), nous revenons à un niveau élevé avec la reprise en mains de la saga par Sam Mendes, choix inattendu mais ô combien payant. Si je continue à avoir une préférence pour « Casino Royale » (il faut dire qu'Eva Green a été « remplacée » par Bérénice Marlohe, forcément, on baisse de plusieurs crans), « Skyfall » n'en est toutefois pas très loin, à l'image d'un générique (presque un film à lui seul) et d'une sublime chanson signée Adele qui, pour moi, risquent de rester tous deux longtemps inégalés dans le domaine.


S'arrêter à ce « simple » aspect serait toutefois évidemment injuste, tant le soin apporté au scénario et à la réalisation est indéniable, faisant la part belle à des scènes d'action d'excellente facture, sans être omniprésentes ou pour cacher un quelconque vide. Mendes sait ménager ses effets, se montrer patient, ne pas nous offrir exactement le spectacle auquel on pouvait s'attendre, le rendant d'autant plus étonnant, stimulant, non sans quelques belles surprises à la clé. On renoue un peu avec les origines de la saga (un tout jeune Q) tout en s'en émancipant à certains égards : il est à ce titre vraiment très intéressant de revoir à courts intervalles les titres avec Sean Connery et les comparer avec ceux de la dernière décennie où, pour le coup, ce n'était pas forcément mieux avant...


Peu de manichéisme, à l'image d'un méchant interprété avec beaucoup d'intensité par Javier Bardem, un adversaire vraiment de taille dominant logiquement les autres seconds rôles, par ailleurs solides et bien pensés. Même cette dernière partie en


Écosse,


qui ne m'avait qu'à moitié séduit la première fois, m'a paru cette fois beaucoup plus cohérente, dans la suite logique de ce qui avait pu être offert jusqu'alors. Peut-être est -ce l'effet de surprise passé qui me rend légèrement moins enthousiaste que je ne peux l'être pour « Casino Royale » (il faut dire que l'un n'avait pas été revu depuis neuf ans, l'autre quinze : ça joue peut-être aussi), mais il est évident qu'avant « Mourir peut attendre » (à se demander si nous aurons enfin la chance de le voir un jour!), ces deux volets sont clairement les immanquables avec Daniel Craig, et deux immanquables tout court : en espérant que ce dernier partira en beauté.

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le 12 avr. 2018

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Caine78

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5

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