Slacker
6.9
Slacker

Film de Richard Linklater (1990)

J'aime bien Linklater. Pourtant je n'ai pas encore vu ses premières films. En voilà un.


"Slacker" est un film qui dépend entièrement de son concept. On sait que Linklater aime ce genre. La preuve il tourne actuellement un film depuis 13 ans, dans lequel les personnages vieillissent réellement (Ethan Hawke est dedans et son visage a bien vieilli avec le temps). "Slacker" c'est aussi un film porteur d'une théorie philosophique : tout ce qu'on peut imaginer peut exister. Tous les choix possibles existent dans des réalités parallèles. Hier existe toujours. C'est intéressant.


Le film se présente donc comme une succession de scénettes dans lesquelles des personnages interagissent et débattent d'une réalité virtuelle (un souvenir, un fantasme). Le bon point c'est que les personnages sentent le réel et reflètent bien l'état d'esprit des 90's. Puis il y a beaucoup d'humour. Et les acteurs sont bons. Le mauvais point, c'est que ça aurait pu durer plus ou moins longtemps. C'est le piège avec ce genre de concept, on ne sent pas la fin comme une nécessité en soi telle qu'elle est présentée. D'ailleurs, le film aurait peut-être mieux fait de ne durer que 40 minutes, ça aurait été plus fort. Ou bien présenter le projet en une mini série. Toujours est-il que les histoires ont beau être géniales, au bout d'un moment c'est trop.


Côté mise en scène Linklater s'éclate avec des longs plans séquences tartinés de dialogues. Ce qu'il continue de faire aujourd'hui (voir le long dialogue dans la voiture dans "Before Midnight"). La caméra est juste, les mouvements semblent un peu maladroit et téméraire pour le mince budget, mais Linklater s'en sort de justesse. Le film respire en effet la débrouillardise et la tranquillité. C'est un peu comme un rêve en fait. Les transitions passent assez bien, c'est soft, on ne sent pas le cut ; on sort de là en ayant eu l'impression de regarder un long plan séquence alors que les 'cut' sont évidents.


Ces débats sur les réalités font également écho à "A scanner Darkly". Il faut encore que je vois "Waking Life" qui doit être similaire. Linklater est pour moi un des réalisateurs les plus passionnants de sa génération, même s'il peut se planter parfois.


Bref, "Slacker" est une tranche de vie, ou plutôt de réalité, apaisante. C'est un peu long mais on se laisse porter par le fil narratif sans trop de difficultés.

Fatpooper
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le 14 août 2013

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