Slam
7.4
Slam

Film de Marc Levin (1998)

Mais laisse tomber... Laisse-moi des jours pour m'en remettre avant d'entrevoir le jour d'en être maître.
Grand film naïf assez oublié, lassé de camoufler ses imperfections et lâché dans une indéfectible détermination à pousser un cri audible sans prétention. D'autant moins un film pas exsangue d'errements, il capture telles des sangsues d'un air questionnant : "You ever listen to Wu-Tang ?". Il te sucera ton âme par les yeux si elle daigne se faire capturer par ses cieux. Au retour de l'opulence de Noël, Babar m'attendait en embuscade émotionnelle.

Si j'entrevis à de rares instants de lucidité la faille naïve qui risque de tuer ma vision ultérieure ornée de l'épée critique du rationnel, le huit qui suffit* oublierait injustement mon âme ployée, suffocante devant tant de torrents de rivières qui coulèrent à chaque chevauchée de mots, là où il ne reste plus que m'inclinant, j'erre au soleil pantois, la lumière astrale doucement étalée dans l'émerveillement de l'instant, oubliant le relief fragile d'une histoire toute portée sur le sens du moment et le mouvement du slam le cœur battant.

Improvisé d'une caméra chahutée, Levin dompte ce cri en 12 jours comme un documentaire in-vivo, filme les mots expulsés de la bouche, jette des scènes qui prennent le temps de chuter pour mieux remonter au combat l'instant suivant, curieuses de furtifs regards caméras qui sous leurs allures de défauts apparents déchirent la toile qui emprisonne l'objet Slam filmé et son héros, hurlant une bonne fois pour toute le peu de temps qu'il te reste pour jeter tes mots.

Tes mots d'amour, ton cri désespéré d'existence, le creuset de la culture d'expression hip hop filmé en un combat, celui de Ray qui arborant son lancinant et implacable air de christ aux espoirs emprisonnés, cherche l'épée qui transpercera l'instant espéré où la prison éclate, où les mots baffent les plus hargneux de leur courroux poétique et que tous les tiqueurs gangstas arguent bouffis hoquetant de tant de maux qui tuent.

Là où les âmes de Raymond "Lazarus Lazy" Joshua (Saul Williams) et de Lauren Bell (Sonja Sohn) se reposent en paix dans l'anonymat cinéma, perdure à jamais un cri de poésie érigée en arme contre la violence érigée en système.

(sebabarre wins.... Fatality.)

*Rah, des trucs faciles, quelques moments perdus et j'ai dû partir en freestyle à un moment dans cette critique, mais bon... Sans moi les défauts.
drélium
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le 27 déc. 2013

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drélium

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