Il est rare que je me dise "oui, ok, ce film n'est pas à montrer à n'importe qui". Je suis plutôt de l'avis qu'on peut voir des films extrêmes, mais il faut y être accompagné, pouvoir en parler, pouvoir prendre du recul. Certes, ce n'est pas donné à tout le monde et je ne suis pas si inconscient au point de montrer n'importe quel film à n'importe qui. Surtout pas celui-là.
Slave Dolls est radical, graphique, brut. Très peu de dialogue, on ne sait rien sur les personnages, on n'a pas vraiment de contexte, pas d'intrigue, pas d'évolution. Il ne dure qu'une heure, mais le temps passe parfois lentement. Surtout les moments où nous voyons le créateur du site. Je trouve que ce n'était pas très intéressant de se pencher aussi longtemps sur lui, étant donné qu'il ne fait pas grand chose en fait. On voit qu'il est vraiment perturbé et parano, oui, mais on avait pas besoin de preuve pour le savoir, c'est assez implicite quand on vend des femmes...
Le pauvre sort réservé à cette femme, Brandy, ne va pas laisser indifférent. C'est d'un réalisme frappant. Je ne connais pas le budget de ce film, mais les effets spéciaux sont au point. C'est un film dur à voir, il est très frontal et ne cherche pas à caresser le spectateur dans le sens du poil. On est confronté directement à des actes très barbares, et on ne peut qu'avoir le cœur qui se serre en pensant que ce genre de torture sont réellement pratiqués.
On se demande "mais quel genre de malade fait ça ? Quel genre de malade veut ça ?". Et on sait qu'ils existent, c'est ça le plus effrayant.
Ce film me restera en tête c'est sûr. Un film qui n'offre pas d'espoir, pas d'échappatoires, et qui nous laisse un peu sonné lorsque le générique de fin se lance. Mais également assez impressionné face à la réalisation, et face à la performance de l'actrice. Pour les amateurs du genre, allez-y, vous ne serez pas déçus ! Pour les autres, il faudra faire vos armes avec d'autres films avant de plonger dans celui-ci.