Au milieu des années soixante, quatre gamins du quartier populaire de Hell’s Kitchen de New York sont incarcérés à la suite d’une plaisanterie qui tourne au drame. Ce qu’ils vont y subir de la part de gardiens sadiques et pervers est inimaginable. A leur sortie de prison, leurs chemins se séparent. Mais plusieurs années plus tard, quand l’occasion de se venger se présente, ils ne vont pas hésiter...
C’est une histoire qui va bien au-delà de la vengeance pure et simple. Il s’agit d’une revanche sur la vie patiemment élaborée par tout un système que le scénario de Lorenzo Carcaterra, l’auteur du livre, décortique de manière tout aussi monstrueuse. Aux instants de bonheur juvénile, succèdent le noir et blanc indistinct et furtif des temps de maltraitance. A l’évidence, Barry Levinson, qui co-signe le scénario, a su traduire en images et en son toute la colère rentrée du roman, conférant à sa mise en scène un tempo édifiant...
Même les traditionnelles scènes de tribunal ont ici une toute autre allure. Les manigances du jeune procureur qui accuse publiquement ses deux anciens copains du meurtre d’un des gardiens ont de quoi déstabiliser. Ce sont des scènes magnifiques, portées par un avocat pitoyable, que Dustin Hoffman sublime dans sa déchéance. Une marionnette aux mains de l’accusateur pour qui la vengeance est un plat qui se mange froid...
C’est l’une des très bonnes idées du scénario qui n’en manquent pas du tout. Et c'est avec des personnages haut en couleur que chaque acteur pose avec une efficacité redoutable. Kevin Bacon, le gardien tortionnaire autant dans l’esprit que dans le geste. Et Robert De Niro, dans le rôle du curé de la paroisse de Hell’s Kitchen… Dès qu’il apparaît sans rien dire ou si peu, il est déjà le père Bobby à qui bien évidemment on donnerait le bon dieu sans confession. Mais le diable n’est jamais loin !!!